Procès des policiers de la BAC 18 : des peines allant jusqu'à huit ans ferme requises

Procès des policiers de la BAC 18 : des peines allant jusqu'à huit ans ferme requises

JUSTICE - Le parquet a notamment requis huit ans d'emprisonnement à l'encontre de Karim M., alias "Bylka", considéré comme le principal protagoniste de ce système de corruption, blanchiment et trafic de stupéfiants de cette brigade parisienne.

Pour le ministère public, pas de doute, les policiers jugés depuis le 3 février dernier et jusqu'au 12 sont des "ripoux".  À commencer par Karim M., alias "Bylka", considéré comme le maître d'œuvre de ce système et contre lequel il a requis ce jeudi la plus lourde peine : "Huit ans d'emprisonnement, maintien en détention, interdiction définitive d'exercer sa fonction de policier". 

À l'encontre des cinq autres policiers qui sont poursuivis selon les cas pour faux en écriture publique, corruption, trafic de stups ou encore violences, le parquet a requis des peines allant de 12 mois d'emprisonnement avec sursis à 3 ans avec sursis.

Le parquet a considéré qu'ils étaient pour la plupart "co-acteurs" du système mis en place par Bylka. En premier lieu Aaron B., perçu comme "l'adjoint" du Kabyle. 

Le ministère public a également requis 18 mois d'emprisonnement dont 8 mois assortis d'un sursis probatoire et interdiction de se rendre sur Paris à l'encontre de l'informateur Abdoulaye D. jugé pour trafic de stupéfiant et 5 ans d'emprisonnement et maintien en détention à l'encontre de l'indic Ahmad M. poursuivi pour corruption et trafic de stupéfiants. 

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"Il a infiltré l'institution"

Au début de son réquisitoire, Yves Badorc, procureur-adjoint, a rappelé au tribunal que "ce n'est pas le procès de la BAC du 18e arrondissement, ni d'une institution. Les turpitudes des uns ne sont pas les turpitudes des autres. Vous jugez aujourd'hui six de ses effectifs et pas l'intégralité d'une brigade qui compte 60 fonctionnaires". "Parler d'agissement sous couvert de la hiérarchie, c'est tromper la réalité. (…) Il suffit de se plonger dans les SMS ou les écoutes pour se rendre compte que la priorité de Karim M., c'est de faire tourner ses commerces, s'occuper de ses biens en Algérie… Il n'y a pas de pression, de culture du résultat comme il le dit, qui fait que l'on interpelle n'importe qui n'importe comment", a-t-il estimé.

Pour Morgane Couchet, son substitut, Karim M. "a infiltré l'institution policière pour s'en servir, pour poursuivre son activité de délinquant. Il est blanchisseur, dealer, voleur, faussaire, corrompu, l'homme de ses affaires, mais certainement pas policier", a-t-elle insisté. 

"On n'attend pas d'un policier qu'il soit un bluffeur"

Les deux représentants du ministère public ont dénoncé le racket que faisait le fonctionnaire, "l'assurance" qu'il faisait payer à des dealers pour qu'ils n'aient pas d'ennuis, le blanchiment d'argent et la corruption. Ils ont mis en avant les éléments de la sonorisation de son véhicule. Pas seulement dans le propos, mais dans le ton :" C'est l'adhésion pure et simple de  Karim M. à la vulgarité, à ce vocabulaire. Tout simplement parce que Karim M. est un délinquant." 

À l'audience, ce dernier a contesté le système d'assurance en disant que c'était "du bluff," "du théâtre, une mise en scène, un jeu de rôle." "Mais on n'attend pas d'un policier qu'il soit un bluffeur", a taclé la substitut du procureur. 

L'audience doit reprendre vendredi à 13h30 avec les plaidoiries de la défense. 

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