Procès des policiers de la BAC 18 : 8 ans de prison pour "Bylka", le principal prévenu

Procès des policiers de la BAC 18 : 8 ans de prison pour "Bylka", le principal prévenu

"RIPOUX" - Le chef informel d'une équipe de la BAC du XVIIIe arrondissement de Paris a été condamné ce lundi 22 février à huit ans de prison, cinq de ses collègues se sont vus infliger des peines allant du sursis à deux ans ferme. Ils ont été reconnus coupables, selon les cas, d'avoir racketté des dealers et falsifié des procédures.

Des peines sévères qui ont valeur d'exemples. Un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) du XVIIIe arrondissement de Paris a été condamné ce lundi 22 février à huit ans d'emprisonnement pour "corruption" et "trafic de stupéfiants" notamment, et cinq de ses collègues se sont vus infliger des peines allant du sursis à deux ans de prison ferme. Les fonctionnaires étaient soupçonnés, à divers degrés, d'avoir racketté des dealers, falsifié des procédures ou violenté un suspect. Deux autres hommes, considérés comme des informateurs, ont écopé d'un et cinq ans de prison pour "trafic de stupéfiants" et "corruption active".

Le principal prévenu, le brigadier Karim M. surnommé "Bylka" (kabyle en verlan), considéré comme le "maître d'œuvre" du système, a été reconnu "coupable de l'ensemble des infractions", sept au total, qui lui étaient reprochées. Le 11 février, le ministère public avait requis huit ans d'emprisonnement à son encontre. Le tribunal a suivi cette réquisition, assortie d'une interdiction définitive d'exercer la fonction de policier. "Vous avez trompé l'autorité judiciaire et trahi la confiance de l'institution policière (avec) ces agissements de délinquant chevronné", a déclaré lors du prononcé du jugement la présidente du tribunal.

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Un "jugement qui repose sur des affirmations"

Chef informel d'une équipe de la brigade anti-criminalité du XVIIIe, le policier de 47 ans, principal protagoniste de l'affaire, était notamment poursuivi pour avoir fait souscrire une "assurance" à des dealers du quartier populaire de la Goutte d'Or, accordant sa protection à certains en les laissant travailler, moyennant contrepartie. Il a "mis à la disposition de délinquants ses prérogatives de police judiciaire" dans "l'intérêt de ces délinquants et de (lui)-même", a estimé le tribunal, qui l'a aussi condamné pour avoir piégé un suspect lors d'une interpellation fabriquée, moyennant 80.000 euros.

Lors du procès, qui s'est tenu début février, où il a comparu détenu aux côtés de cinq membres de son groupe et de deux informateurs officieux, "Bylka" a contesté toute corruption, invoquant des méthodes policières visant à obtenir des informations, dont sa hiérarchie avait connaissance. "Il est bien évident que nous allons interjeter appel", a réagi son avocat Me Patrick Maisonneuve, dénonçant un "jugement qui repose sur des affirmations" sans "démonstration".

"Une sanction exemplaire" pour l'adjoint de Karim M.

Contre Aaron B., considéré comme l'adjoint de Karim M., une "sanction exemplaire" a été déclarée "pour comportement de délinquant insupportable". Il a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, une peine plus lourde que ce qui avait été requis, pour "faux et vol par personne dépositaire de l'autorité publique" avec, là aussi, une interdiction définitive d'exercer et de port d'arme pendant cinq ans. Son avocat Me Adrien Sorrentino a annoncé son intention de faire appel.

Quant aux quatre autres fonctionnaires, le tribunal a prononcé des peines allant de 12 mois avec sursis pour Mehmet C. à deux ans dont un an ferme, avec interdiction définitive d'exercer, pour Alexandre C.. L'avocate de ce dernier, Me Anne-Laure Compoint, va faire appel. Âgés de 29 à 33 ans, ils ont été condamnés pour une interpellation en avril 2019, certains pour avoir frappé un suspect dans la voiture de la BAC, d'autres pour avoir "habillé" la procédure en faisant croire que l'homme avait du crack et un couteau sur lui - en réalité confisqués à un autre la veille. Ils étaient tombés grâce aux écoutes mises en place.

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Les deux derniers prévenus, des indics de "Bylka", ont été condamnés à cinq ans de prison ainsi que 30.000 euros d'amende, et à un an de prison avec aménagement de peine. Le premier, Ahmad M., 57 ans, a été reconnu coupable de "corruption active" et "trafic de stupéfiants", le deuxième, Abdoulaye D., 53 ans, de cette seconde infraction seulement.

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