Saccage de l'Arc de Triomphe : "On m'a sali" déclare Sébastien F. alias "Sanglier"

Saccage de l'Arc de Triomphe : "On m'a sali" déclare Sébastien F. alias "Sanglier"

JUSTICE - Neuf personnes sont jugées depuis lundi devant la 15e chambre du tribunal correctionnel, selon les cas, pour s'être introduit dans le monument, avoir dégradé ou détruit des biens ou volé des objets. Parmi elles, un ancien militant de l'ultra-droite.

C'est sur un renseignement anonyme livré aux enquêteurs en janvier 2019 qu'il est apparu dans le dossier. Sébastien F. alias "Sanglier",  fait partie des neuf personnes jugées depuis lundi pour le saccage de l'Arc de Triomphe survenu le 1er janvier 2018 au cours du 3e acte des Gilets jaunes.  

Âgé de 42 ans et présenté comme un membre de l'ultra droite, Sébastien F. est poursuivi notamment pour avoir dégradé l'Arc de Triomphe  en taguant sur le monument : "Augmenter le RSA sanglier". Lors de la perquisition effectuée à son domicile dans le Doubs, les enquêteurs ont notamment retrouvé des objets en référence au IIIe Reich nazi ainsi que des armes. Malgré les saisies, Sébastien F., qui échangeait notamment avec Serge Ayoub sur Facebook, a déclaré dès son interpellation ne plus avoir d'appartenance politique depuis la dissolution du groupe Troisième voix. Il assure aujourd'hui ne plus avoir de lien. Les armes, son avocat Me Bonneau rappelle qu'il a été jugé pour cela, condamné à 140 heures de travail d'intérêt général et que la plupart étaient des armes de collection ou des armes que l'on pouvait acheter facilement et en toute légalité à l'époque.

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"Signer un tag, ça n'a ni queue, ni tête"

Concernant le 1er décembre 2018, jour du pillage du monument, il maintient s'être rendu à Paris avec deux amis pour prendre part à la manifestation des Gilets jaunes, ayant d'importantes revendications sociales mais continue d'affirmer qu'il n'a  pas pénétré dans l'Arc de Triomphe. Pour le tag, il conteste formellement en être l'auteur. "Avoir souillé un monument historique en honneur aux anciens combattants. Pour moi, c'est le pire affront qu'on me fait, on m'a sali", a assuré le prévenu à la barre ce mardi, masque siglé Harley Davidson sur le nez, blouson de cuir serré, cheveux châtains coupés courts. Face aux enquêteurs, il avait ajouté que "signer un tag, ça n'avait ni queue ni tête"

Sébastien F. a également expliqué avoir ce 1er décembre protégé la tombe du soldat inconnu qu'il estime "sacrée" du fait de sa qualité d'ancien combattant. D'ailleurs, pour celui qui a eu une carrière militaire de ses 21 à ses 26 ans et qui a été légionnaire, les faits commis au cours de cette manifestation sont "impardonnables".

"La tombe du soldat inconnu, c'est sacré"

En ce 1er décembre donc, il y a un peu plus de deux ans maintenant, il répète avoir quitté les lieux "16h30-17h", selon lui. "Y' a de la route à faire et ça commence à devenir n'importe quoi, les gens commencent à faire n'importe quoi. L'ambiance est électrique, ça sert à rien de rester, on s'en va", explique Sébastien F. qui n'a jamais voulu donner le nom des deux personnes qui l'accompagnaient au motif, selon son avocat Me Bonneau, qu'elles étaient "militaires". 

N'est-t-il pas parti pour ne pas se faire prendre après  ce tag ? Les vidéos ont en effet démontré que l'écrit avait été fait entre 16h26 et 16h33. La présidente s'interroge et lui demande pourquoi avoir supprimé son compte Facebook après que des gens l'ont associé au graffiti en question. Elle évoque ainsi des messages envoyés à Sébastien F. alias "Sanglier" après le tag. Quelqu'un lui poste ainsi  : "Je sais que c'était toi t'aurais pu signer par ton vrai nom mdr" . Ce à quoi, Sébastien répond sur le réseau social : "Non un minimum de respect". "J'ai répondu à une connerie par une connerie", justifie le quadragénaire face au tribunal ce mardi. 

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Au moment de son interpellation, Sébastien F. avait soupçonné les services de renseignement d'avoir cherché à lui causer des problèmes avec la justice. À l'audience aujourd'hui, il explique que l'ultra-droite n'y est peut-être par pour rien dans ces démêlées avec la justice.  "Vous pensez toujours que c'est la DGSI comme vous l'aviez dit à l'époque qui vous en veut, ou c'est la mouvance d'extrême-droite comme vous l'avez dit tout à l'heure", lui demande l'avocat de l'association Halte au pillage, partie civile.  "Peut-être les deux", répond le prévenu. Son avocat, qui plaidera la relaxe, entend bien d'ailleurs déposer après ce procès une plainte pour "dénonciation calomnieuse contre X". 

L'audience doit reprendre mercredi à 13h30 avec la parole aux parties civiles et les plaidoiries de la partie civile. Suivront le réquisitoire et le début des plaidoiries  de la défense.

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