Scandale des cadavres à Paris-Descartes : un ex-préparateur du centre du don des corps mis en examen

Scandale des cadavres à Paris-Descartes : un ex-préparateur du centre du don des corps mis en examen

ENQUÊTE - Un ancien préparateur en anatomie du Centre du don des corps de l'Université Paris-Descartes a été mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre", a confirmé mercredi 9 décembre une source judiciaire.

Un ancien préparateur en anatomie, du Centre du don des corps de l'Université Paris-Descartes, a été mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre", a confirmé mercredi 9 décembre une source judiciaire. D'après cette source, cet ancien préparateur a été placé en garde à vue et fait l'objet de perquisitions le 2 décembre dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en juillet pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre". 

"Ces investigations ont notamment permis la découverte de divers ossements", a ajouté cette source. Selon cette dernière, ce préparateur a été "placé sous contrôle judiciaire" à l'issue de sa mise en examen "avec notamment interdiction de se rendre dans l'établissement et d'entrer en contact avec les employés". C'est la première personne mise en cause dans ce dossier.

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Paris-Descartes responsable de "graves manquements éthiques"

Locaux vétustes, dépouilles putréfiées et rongées par les souris, soupçon de marchandisation des corps… Dans un article publié le 27 novembre 2019, L'Express avait mis en lumière les "conditions indécentes" de conservation de dépouilles de "milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science". Ces révélations avaient conduit Frédérique Vidal à ordonner la fermeture du "temple de l'anatomie française", fondé en 1953 et qui accueillait chaque année plusieurs centaines de corps donnés volontairement à la science. 

Chargées d'une inspection administrative, dont les conclusions ont été publiées le 13 juin, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'éducation du sport et de la recherche (Igésr) avaient estimé que l'Université Paris-Descartes était responsable de "graves manquements éthiques" dans la gestion du CDC, qui ont perduré pendant plusieurs années.

Environ 170 plaignants se sont manifestés auprès de la justice

L'Université de Paris, nouvelle entité issue de la fusion en janvier dernier de Paris-Descartes et Paris-Diderot, a demandé à se constituer partie civile dans ce dossier, au nom d'"un préjudice réputationnel", mais cela lui a été refusé. L'ancien président de l'Université Paris-Descartes entre 2011 et 2012, Frédéric Dardel, a été entendu le 12 novembre en garde à vue par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et est ressorti libre. 

Principale lanceuse d'alerte, Dominique Hordé, ex-secrétaire générale du Centre, a été entendue début novembre comme témoin par le juge d'instruction Adrien Lallement. À ce jour, environ 170 plaignants se sont manifestés auprès de la justice, selon une source judiciaire.

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