Scandale du Mediator : les laboratoires Servier reconnus coupables de "tromperie aggravée"

Scandale du Mediator : les laboratoires Servier reconnus coupables de "tromperie aggravée"

JUSTICE - Dans son jugement rendu ce lundi, le tribunal de Paris estime que les laboratoires Servier sont coupables de "tromperie aggravée" dans le scandale du Mediator.

Plus de dix ans après le retentissant scandale du Mediator, un médicament tenu pour responsable de centaines de décès, le tribunal de Paris a rendu son jugement ce lundi 29 mars 2021. Les laboratoires Servier ont été condamnés lundi à Paris à 2,7 millions d'euros d'amende pour "tromperie aggravée" et "homicides et blessures involontaires" dans le scandale sanitaire de leur médicament Mediator, tenu pour responsable de plusieurs centaines de décès. 

Les laboratoires ont "fragilisé la confiance dans le système de santé", a déclaré la présidente du tribunal Sylvie Daunis. Les laboratoires ont en revanche été relaxés des faits d'"escroquerie". Jean-Philippe Seta, l'ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a lui été condamné à quatre ans d'emprisonnement avec sursis.   L'Agence du médicament condamnée à 303.000 euros d'amende.

Quelques dizaines de parties civiles - sur les plus de 6500 constituées à l'occasion de ce procès hors normes - seront présentes au tribunal pour ce jugement, qu'elles espèrent "exemplaire". Lors des "517 heures et quelques minutes d'audience" d'un procès-fleuve ouvert en septembre 2019 et clos en juillet 2020, une question a été centrale : comment le Mediator a-t-il pu être prescrit pendant trente-trois ans malgré les alertes répétées sur sa dangerosité ?

"Sinistre pari"

Pour l'accusation, les laboratoires Servier ont sciemment dissimulé les propriétés anorexigènes (coupe-faim) et les dangereux effets secondaires de ce médicament, utilisé par 5 millions de personnes jusqu'à son retrait du marché en 2009.

Dans ses réquisitions, la procureure Aude Le Guilcher a appelé à "restaurer la confiance trahie" en sanctionnant le "choix cynique" et le "sinistre pari" d'une firme ayant privilégié "ses intérêts financiers" à la santé des consommateurs du médicament, malgré "les risques qu'elle ne pouvait ignorer".

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Un total de 10,228 millions d'euros d'amendes a été demandé à l'encontre de la maison-mère et de cinq sociétés du groupe pharmaceutique, poursuivies pour "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides et blessures involontaires". 

Cinq ans de prison dont trois ferme et 200.000 euros d'amende ont été réclamés contre Jean-Philippe Seta, l'ex-numéro 2 de la firme et ancien bras droit de son tout-puissant dirigeant Jacques Servier, décédé en 2014. 

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