"Sept à Huit" - "Personne n'ose lui dire non" : elles témoignent contre le jockey Pierre-Charles Boudot, accusé de viol

"Sept à Huit" - "Personne n'ose lui dire non" : elles témoignent contre le jockey Pierre-Charles Boudot, accusé de viol

TOURMENTE - Déjà visé par une première enquête pour viol, le jockey Pierre-Charles Boudot a été mis en examen mercredi 12 mai, après la plainte d'une deuxième jeune femme, qui l'accuse des mêmes faits, selon le même mode opératoire. Des mises en cause qu'il "nie catégoriquement".

Un matin de février dernier, elle ouvre les yeux dans une chambre qu'elle ne connaît pas à Cagnes-sur-Mer. Rebecca raconte avoir été violée par Pierre-Charles Boudot, 28 ans, l'un des jockeys les plus titrés au monde. "Il n'y avait plus personne dans la chambre", raconte la cavalière de 23 ans dans l'émission Sept à Huit. "Je ne me souvenais plus comment j'étais arrivée là. C'est en voyant les draps à terre et le matelas en dehors du sommier que quelques flashs me sont revenus. J'avais l'image du moment où il s'est mis au-dessus de moi. Je savais qu'il s'était passé quelque chose que je ne voulais pas, je me sentais très sale."

La jeune femme finit par se remémorer cette soirée entre amis, en marge d'une course hippique, qui a viré au cauchemar cet hiver. Alors qu'elle se couchait, le jeune homme l'aurait forcée à avoir une relation sexuelle. "Je lui ai dit 'non' quatre fois, mais il continuait, alors je me suis laissée faire en me disant que ça irait plus vite. Et que quand il aurait fini, il me laisserait tranquille."

Rapidement, Rebecca porte plainte à la gendarmerie de Cagnes-sur-Mer. Mais le patron de l'écurie où elle travaille - le fief de Pierre-Charles Boudot - s'en mêle : il cherche à comprendre ce qu'il s'est passé en suggérant aux deux cavaliers de "tirer un trait sur cette histoire et de se faire la bise". 

"Tout le monde lui laisse tout faire", résume-t-elle. "Personne n'ose lui dire non." Sous la pression, elle retire donc sa plainte, démissionne, avant de finalement déposer plainte une seconde fois. Pierre-Charles Boudot est mis en examen pour viol puis libéré. Selon l'avocate de Rebecca, "on refuse à tout prix que le scandale éclate et qu'on aille mettre le nez sur un comportement proscrit qui viendrait entacher la belle image du jockey en vue", affirme Justine Devred. "Les intérêts en jeu étaient importants." 

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Il n'a aucune inquiétude, une espèce de sérénité, comme s'il faisait ça très régulièrement.- Julie, deuxième victime, 18 ans au moment des faits

Ce n'est pas la première fois que le jockey est accusé de viol. Le 18 août 2015 à Deauville, alors qu'il fête l'une de ses victoires, il propose une coupe de champagne à une connaissance. Le lendemain, Julie se réveille également dans une chambre d'hôtel qu'elle ne connaît pas, à ses côtés. "J'ai réalisé assez vite que j'avais était violée et droguée, témoigne-t-elle, âgée de 18 ans au moment des faits. Il m'a raccompagné chez moi et m'a embrassé pour me dire au revoir. Ce qui est déconcertant et vicieux dans cette manière de faire, c'est qu'il fait comme si c'était normal. Il n'a aucune inquiétude, une espèce de sérénité, comme s'il faisait ça très régulièrement." "Je me sentais sale", souligne-t-elle.  

Elle n'en "parle à personne" et s'"enferme dans le silence" pendant trois ans avant de porter plainte. Pour son avocat, le jeune homme ne connaît aucune limite quant à ses désirs sexuels. Il perçoit le refus exprimé par une femme d'être l'une de ces énièmes conquêtes, comme "un challenge", explique-t-il. "Il ne faut pas lui dire 'non', il n'échoue pas. Il est le premier dans les courses, il est toujours le gagnant : l'après-midi sur l'hippodrome, le soir quand il fait la fête. Il n'est qu'à moitié conscient qu'il commet des viols."

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Interrogé par les policiers, la triple cravache d'or de plat parle de relations entre adultes consentants. "La personne qui l'accuse de viol était consentante", assène son avocate, Me Florence Gaudillère. Mais un nouveau coup dur frappe ses avocats : des images pédopornographiques ont été retrouvées dans son téléphone. "C'était pour rigoler entre copains, entre garçons, avec des blagues qui sont celles-là. Ils échangent des vidéos et Pierre-Charles Boudot en reçoit une qui va rester sur son portable", commente l'avocate. Un "humour" qui pourrait l'amener à passer de nombreuses années derrière les barreaux. En attendant le verdict de la justice, la star déchue a été suspendue et ne peut plus monter à cheval pendant au moins trois mois.

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