Soupçons de détournement : la garde à vue de l'ex-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, levée

Soupçons de détournement : la garde à vue de l'ex-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, levée

JUSTICE - L'ex-maire de Marseille a été placé en garde à vue mercredi dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds publics. Après une dizaine d'heures d'interrogatoire, l'homme de 81 ans a pu regagner son domicile.

Après avoir passé une grosse partie de la journée en garde à vue ce mercredi, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour détournement de fonds publics, Jean-Claude Gaudin a été remis en liberté. "La garde à vue a été levée, bouclée à 20h30. Il s'est expliqué pendant une dizaine d’heures sur l'ensemble des faits et il est très confiant sur l’issue de la procédure", a déclaré à l'AFP l'avocat de l'ancien maire (LR) de la deuxième ville de France, Me Gilbert Sindrès. Le fidèle lieutenant et ancien directeur de cabinet du maire, Claude Bertrand, est aussi ressorti, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Marc-Michel Le Roux. 

"C’est un dossier très technique et extrêmement juridique, la seule question est de savoir si le fait de faire travailler des agents au-delà de 65 ans constitue un détournement de fonds publics. Tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a pas l'ombre d’un doute sur le fait qu’il n’y a pas d’emploi fictif", a expliqué Me Sindrès.

Une perquisition avait eu lieu mardi au domicile de Jean-Claude Gaudin "dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 11 juin 2019 des chefs principaux de détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public et de recel de ce délit", avait indiqué le Parquet national financier.

Des maintiens en fonction jugés "illégaux"

Dans un rapport au vitriol rendu fin 2019, la chambre régionale des comptes avait épinglé la gestion de la ville sous l'ère Gaudin, des finances au personnel en passant par l'immobilier. La chambre s'était notamment étonnée d'une "gestion des départs en retraite (...) pour le moins coûteuse" à la Ville de Marseille, avec plusieurs maintiens en fonction estimés "illégaux" au cabinet du maire.

Elle s'étonnait notamment que 11 personnes de plus de 69 ans - et majoritairement de 70 ans et plus - aient été maintenues en activité sur la période 2012-2017. Elle relevait ainsi le cas de la doyenne du cabinet du maire, chargée des relations publiques et âgée de "plus de 77 ans fin 2018" ou d'une vacataire, décédée depuis, mais qui avait plus de 82 ans au moment de son départ, fin 2017. Claude Bertrand, salarié de la ville malgré ses 73 ans à l'époque, ou une autre membre de son cabinet de 71 ans qui n'entrait "dans aucun cadre légal de dérogation", étaient également épinglés.

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Pour les magistrats de la chambre régionale des comptes, la ville violait "sciemment" les règles légales sur la retraite et cause ainsi un préjudice de plus d'un million d'euros par an au contribuable.

Jean-Claude Gaudin a dirigé pendant vingt-cinq ans la deuxième ville de France, avant de céder son poste en 2020, auquel lui avait succédé l'écologiste Michèle Rubirola, depuis remplacée par Benoît Payan (PS). Ce dernier a fustigé début février 2021 un héritage financier "catastrophique", en estimant que "l'argent public (avait) été gaspillé, jeté, bradé".

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