Chute géante sur le Tour de France : que sait-on de la femme convoquée au tribunal ?

Chute géante sur le Tour de France : que sait-on de la femme convoquée au tribunal ?

FAIT DIVERS - Plusieurs cyclistes ont chuté samedi dernier au cours de la première étape du Tour de France après avoir percuté une pancarte en carton tenue par une femme dans le public. Celle-ci a ensuite pris la fuite. Une suspecte a été interpellée ce mercredi.

Les images font froid dans le dos. Visionnées des milliers de fois, celles-ci montrent les chutes en série, samedi 26 juin, de plusieurs cyclistes du Tour de France qui roulaient à l'occasion de la première étape de l'événement. À l'origine de l'accident, une pancarte en carton tenue par une femme du public qui empiétait sur la chaussée et que les rouleurs n'ont pu éviter. Voici ce que l'on sait de cette suspecte, qui devra faire face à la justice.

Une étrange pancarte

La spectatrice, en gros plan sur les images, n'est pas passée inaperçue et c'est sans doute ce qu'elle recherchait sans pour autant vouloir provoquer un tel accident. En effet, elle était vêtue d'une tenue peu discrète pour se fondre dans la masse : lunettes et caquette verte, ciré jaune,  jean bleu, pull rayé rouge et blanc, et chaussures en cuir. Sur son morceau de carton percuté par les cyclistes, il était écrit au feutre noir : "Allez Opi-Omi !". 

Partie rapidement après l'accident

Après l'accident, la spectatrice aurait, selon plusieurs sectateurs, très rapidement quitté les lieux. À l'arrivée des enquêteurs, elle n'était en effet plus là. Une enquête judiciaire a été ouverte le jour-même pour "blessures involontaires avec incapacité n'excédant pas 3 mois par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".

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La gendarmerie du Finistère a également lancé un appel à témoins avec une photo de la spectatrice et un signalement précis. Elle a reçu par la suite plusieurs appels qui ont peut-être permis de retrouver cette femme. 

Placée en garde à vue mercredi 30 juin à Landerneau

Mercredi 30 juin, la suspecte s'est présentée d'elle-même à la gendarmerie de Landerneau en début d'après-midi, ce, après avoir été  formellement identifiée dans la matinée. Les gendarmes "s'apprêtaient à aller l'interpeller au moment où elle s'est présentée à la gendarmerie, indique une source proche de l'enquête. "Une suspecte a été placée en garde à vue. Cette femme est née en 1990 et est de nationalité française" a précisé peu après Camille Miansoni, procureur de la République de Brest. Le magistrat a ajouté qu'il ne donnerait pas d'information supplémentaire pour le moment. 

"Une bêtise" et un "sentiment de honte"

Selon le procureur de la République de Brest qui s'est exprimé jeudi au cours d'une conférence de presse, peu après que la garde à vue de la suspecte a été prolongée, la spectatrice a exprimé devant les enquêteurs, "un sentiment de honte et de peur face aux conséquences de son acte". "Cette femme et son compagnon, lui aussi présent au moment des faits et entendus comme elle par les enquêteurs, ont expliqué  que la mise en cause cherchait à adresser à travers la télévision un message affectueux à l'attention de ses grands-parents, spectateurs inconditionnels et assidus du Tour de France, a détaillé le procureur. L'inscription Allez Opi-Omi signifierait allez papy-mamy, Opi-Omi étant semble-t-il des mots usuels en langue allemande pour désigner papy et mamy, la grand-mère de la mise en cause étant d'origine allemande". 

 "La mise en cause se dit angoissée par le retentissement médiatique de ce qu'elle appelle sa 'bêtise", a poursuivi le magistrat expliquant qu'elle s'était présentée tardivement à la gendarmerie après avoir eu besoin d'un "temps de recul". "Elle ne pensait pas que cela pouvait avoir un impact aussi important et semble dépassée par l'étendue de l'impact en terme d'ordre public mais aussi médiatique de cet événement", a t-il ajouté. 

À l'issue de la garde à vue de la jeune femme, une décision d'orientation sera prise. Celle-ci sera proportionnée à la gravité des faits et à la personnalité de l'auteur, qui n'est pas connue des services de police ni de justice. "Elle n'a jamais fait l'objet de poursuite", a souligné le procureur. 

Convoquée devant le tribunal le 14 octobre

Ce vendredi, après 48 heures de garde à vue, la jeune femme a été présentée au parquet de Brest. "Le procureur de la République lui a notifié une convocation devant le tribunal correctionnel pour les faits de 'mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement' et 'blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail n’excédant pas trois mois par manquement délibéré à une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement", indique le magistrat dans un communiqué.  

La prévenue comparaitra à l’audience du tribunal correctionnel de Brest du jeudi 14 octobre 2021 à 13h30. 

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