Procès des attentats du 13-Novembre : Salah Abdeslam a été interviewé quelques heures après les attaques

Procès des attentats du 13-Novembre : Salah Abdeslam a été interviewé quelques heures après les attaques

JUSTICE – La RTBF dévoile ce lundi un enregistrement du 14 novembre 2015 réalisé par l'une de ses journalistes à la frontière franco-belge sur les contrôles effectués après les attaques de la veille. Au micro : Salah Abdeslam et deux de ses complices.

Tout le monde le sait depuis 2015, Salah Abdeslam a été contrôlé par les gendarmes de Cambrai quelques heures après les attentats du 13 novembre 2015. Il est alors accompagné par deux de ses complices présumés, Mohamed Amri et Hamza Attou, venus spécialement de Belgique pour l'exfiltrer. Abdeslam n'est alors pas identifié comme un membre du commando du 13-Novembre, il n'est pas fiché en France. À cette date, il est seulement inscrit dans un fichier européen, le Système d'information Schengen (SIS II) pour des faits de droit commun. Il repart donc, avec ses camarades, sans être inquiété.

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

Ce lundi 6 septembre, à 48 heures de l'ouverture du procès, la RTBF diffuse un document inédit sur cet événement. Car l'une de ses journalistes, Charlotte Legrand, se trouvait au point de contrôle du péage de Hordain, ce jour-là, pour un reportage. À plusieurs conducteurs, elle demande ainsi : "D'où venez-vous et que pensez-vous de ces contrôles ?". Sans le savoir, elle s'est retrouvée face à Salah Abdeslam et ses deux complices présumés...

"Franchement on a trouvé ça un peu abusif, hein"

La journaliste décrit la scène à la radio. On l'entend ainsi dire : "Certains automobilistes sont arrêtés à chaque contrôle comme ces trois jeunes de type maghrébin". On entend ensuite les voix du conducteur et de ses passagers, qui répondent d'une voix calme et posée avec un accent belge. L'un d'eux dit "avec celui-là, c'est le troisième [contrôle NDLR] ". Un autre continue : "Troisième, troisième contrôle". Une autre voix répète : "Troisième". Puis l'un des trois dit : "Franchement on a trouvé ça un peu abusif, hein". Son camarade poursuit : "Mais on a un petit peu compris le sens". Un autre finit la phrase : "le pourquoi, en fait". Et d'ajouter :"Après on a su le pourquoi". 

A posteriori, Charlotte Legrand se souvient que dans la voiture, "celui à l'arrière était emmitouflé dans une espèce de doudoune ou un duvet". Elle se rappelle également que les trois jeunes "n'étaient pas spécialement sympathiques, mais ils ont répondu à mes questions le temps que leurs cartes d'identité soient contrôlées". Elle précise aussi que "quand ils ont récupéré leurs papiers, ils ont coupé court à la conversation et ont remonté leur vitre. Ils m'ont un peu éjectée". 

Une conversation en prison

Ça n'est que tardivement que la RTBF réalisera que sa journaliste a interviewé Salah Abdeslam et deux complices présumés. Il faudra attendre mars 2016 et le placement en détention provisoire du terroriste en Belgique pour faire le rapprochement. 

Salah Abdeslam se retrouve alors entre Mehdi Nemmouche, terroriste du Musée juif de Belgique, et Mohamed Bakkali, un des logisticiens des attentats du 13-Novembre. Il est surveillé et écouté 24h/24. Une des écoutes fuite dans la presse. On l'y entend notamment évoquer son échange avec la journaliste alors qu'il fuyait la France, le 14 novembre 2015, avec Mohamed Amri et Hamza Attou. 

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Voici la retranscription partielle  de cette conversation, révélée par nos confrères

- Abdeslam : "J’ai parlé en me référant aux infos du journal. Elle [la journaliste] me dit : 'Vous trouvez ça normal qu’il y ait des barrages comme ça ?'. J’ai dit : 'Oui, c’est tout à fait normal'. [C’était] au troisième barrage. Sur RTL-TVI. Je lui ai dit : 'Ouais, c’est normal vu les circonstances, tout ce qui se passe'".

- Bakkali : "T’étais à l’avant ou à l’arrière ?"

- Abdeslam : "J’étais à l’arrière."

- Bakkali : "Comment t’as parlé avec eux ?"

- Abdeslam : "J’ai parlé avec le micro."

- Bakkali : "T’as ouvert ta fenêtre ?"

- Abdeslam : "Non, du côté d’Amri, le conducteur a fait rentrer le micro. J’ai dit : 'Oui, c’est normal vu les circonstances, il faut bien renforcer les barrages.'"

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