Toxicomanes au jardin d'Éole : "Mon mortier n'a pas été utilisé, je l'ai jeté dans la rue"

Toxicomanes au jardin d'Éole : "Mon mortier n'a pas été utilisé, je l'ai jeté dans la rue"

JUSTICE – Un jeune homme âgé de 22 ans était jugé ce vendredi à la suite des tirs de mortiers survenus le samedi 26 juin dans le jardin d'Eole. Il a été condamné à 4 mois d'emprisonnement avec sursis.

Rina, 22 ans, vit dans une rue qui longe le jardin d'Eole dans le nord de Paris. Ce jeune homme, préparateur et livreur de commandes en CDI, était jugé ce vendredi par le tribunal correctionnel de Paris pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien en récidive" et  "manipulation d'article pyrotechnique de catégorie F4 T2 ou P2 sans certificat de formation ou habilitation à récidive". 

Pour ces faits, le tribunal l'a condamné à une peine de 4 mois d'emprisonnement délictuel assorti d'un sursis probatoire pendant 18 mois, à une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et 400 euros d'amende pour le mortier.  Rina avait été interpellé le 26 juin dernier après les tirs de mortier survenus en plein milieu d'après-midi dans le jardin d'Éole. Pourtant, l'homme, ce jour-là, affirme ne pas avoir utilisé ledit mortier.

Un appel sur Snapchat

Face à la présidente de la 13e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, Rina reconnaît avoir vu l'appel sur Snapchat de la "brigade antigueush" le vendredi 25 juin qui demandait de se procurer des mortiers pour les tirer en direction des toxicomanes le lendemain. Rina indique avoir acheté le mortier d'artifice, mais pas pour cela au départ, mais pour "célébrer deux jours plus tard l'éventuelle victoire de la France face à la Suisse dans le cadre de l'Euro". 

Les plans changent, selon lui, le samedi 26 juin, quand il rentre chez lui après le foot. "J'ai entendu les mortiers dans le parc, j'ai été prendre le mien, et quand j'ai vu les policiers, j 'ai pris la fuite. Mon mortier n'a pas été utilisé, je l'ai jeté dans la rue", dit le jeune homme à la barre, cheveux châtains courts, vêtu d'un survêtement Nike et de converses blanches. L'engin a effectivement été retrouvé au sol et non utilisé par les forces de l'ordre. 

"Vous nous dites j'y vais (au jardin d'Éole ndlr) car j'entends des bruits de mortier. Moi, les tirs de mortier, si j'en entends, je reste chez moi plutôt", pointe la présidente. Rina n'a pas eu ce geste, car comme tous les habitants du quartier, il est "excédé" par le quotidien sur le secteur, avec des toxicomanes et des "maudous" (dealers de galettes de crack) dans le parc et dans les rues, et plusieurs de ses proches qui ont été agressés par ces mêmes personnes. 

Le tribunal se doit d'envoyer un message

Pas de quoi sensibiliser le procureur, pour qui le prévenu est bien coupable des faits qui lui sont reprochés. "Il faut que le tribunal sache que le ministère public est conscient de ce qu'il se passe au jardin d'Éole. Il y a des défaillances. Le voisinage subit un trouble permanent à l'ordre public", a-t-il insisté dans son réquisitoire. 

Pour le représentant du ministère public, la situation au jardin d'Éole ne peut être réglé par la violence. "Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour la situation au jardin d'Éole mais je sais ce qu'il ne faut pas faire", a-t-il-dit avant de requérir  dix mois d'emprisonnement avec un sursis de mise à l'épreuve de deux années. 

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L'avocat du prévenu, Me Calvin Job a, lui, regretté que le ministère public veille faire de son client "un leader, un élément important de ce dossier". "Les policiers sont tombés sur l'élément qui n'a pas participé à tout cela. Son mortier, il ne l'a pas utilisé  ! L'idée, c’était quoi ? De faire de mon client un exemple ? C'est pour cela que le procureur requiert une peine avec un quantum élevé. Mais peut-on faire un exemple de quelqu'un qui n'a quasiment rien fait ce jour-là, qui veut suivre le mouvement, mouvement qu'il n'a finalement pas suivi", a-t-il ironisé. 

Selon la robe noire, le ministère public a voulu donner une réponse ferme en requérant un quantum élevé après "l'écho médiatique" qu'a pris cette affaire. S'il a reconnu coupable le prévenu, le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du ministère public.

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