Trois ans après la disparition de Tiphaine Véron au Japon, ses proches veulent faire avancer l'enquête

Trois ans après la disparition de Tiphaine Véron au Japon, ses proches veulent faire avancer l'enquête

ENQUÊTE - L'auxiliaire de vie scolaire de 36 ans a disparu le 29 juillet 2018 à Nikko, au Japon, laissant à l'hôtel sa valise et son passeport. Ses proches et leur avocat multiplient les actions pour résoudre cette énigme.

Cela fait trois ans jour pour jour qu'elle s'est volatilisée, à des milliers de kilomètres de son domicile. Tiphaine Véron, jeune femme de 36 ans originaire de Poitiers, a disparu à Nikko, une cité touristique du nord-est du Japon entourée de monts et bois sur lesquels ont été bâtis de nombreux sanctuaires. L'auxiliaire scolaire était arrivée dans le pays deux jours plus tôt. Le 29 juillet 2018, elle a quitté son hôtel le "Turtle Inn", pour aller se promener. Elle n'est jamais rentrée. 

Les enquêteurs retrouveront, dans sa chambre, son passeport, sa valise et son programme de visites "minutieusement préparé depuis 6 mois", rendant peu probable un suicide ou une disparition volontaire, selon ses proches. En trois ans, à  Nikko, sa famille et ses amis ont arpenté rivières et sentiers avec des secouristes privés et des chiens. Des recherches à 70.000 €, financées par leurs deniers et des dons, qui n'ont rien donné, pas plus que les enquêtes judiciaires. 

"Les proches de Tiphaine restent très combatifs", assure à LCI Me Antoine Vey, leur avocat. Pour tenter d'élucider le mystère de cette disparition, Me Vey a adressé de nouvelles demandes d'actes tandis que la famille a fait appel à un enquêteur privé.

"Emmanuel Macron a parlé du dossier avec son homologue"

"Le président de la République Emmanuel Macron, qui s'est déplacé au Japon dans le cadre des Jeux Olympiques, a parlé de ce dossier à son homologue japonais. Il a demandé à la justice japonaise que l'enquête soit faite avec sérieux et de manière approfondie. Cela pourrait faire avancer les choses", nous précise l'avocat de la famille. 

Me Vey pointe aujourd’hui plusieurs insuffisances ou manquements dans cette affaire, du fait de la difficulté que peuvent poser les coopérations judiciaires internationales notamment, mais pas seulement. "Il y a eu des loupés au démarrage", insiste-t-il. Ce dernier évoque entre autre l'absence de visionnage de caméras de surveillance et de résultats après des tests pratiqués au luminol dans la chambre d’hôtel de Tiphaine, ainsi que des compilations d’auditions incomplètes et contradictoires, des données de téléphonie manquante...

Et d'illustrer son propos par plusieurs exemples : "Tel témoin dit que Tiphaine Véron est partie de l'hôtel à 9h, un autre dit qu'elle est partie à midi. Il y a des contradictions à regarder de près. D'autres témoins peut-être clés n'ont pas été entendus. Des données téléphoniques sont absentes sans que l'on comprenne pourquoi elles n’ont pas été collectées, alors qu’elles permettraient de géolocaliser les téléphones de Tiphaine et des protagonistes sur la zone".

Pour le conseil de la famille, "il faut identifier les actes d'enquête que pourraient être faits et qui, s'ils étaient accomplis,  permettraient soit de fermer des portes, soit d'en ouvrir de nouvelles".

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"Les enquêteurs japonais ont objectivement cherché à faire de cette affaire une non-affaire et l’hypothèse criminelle n’a jamais été véritablement explorée", relève Me Mey. "Pour exclure un crime, il faut quand même le rechercher or, eux, ne l'ont jamais vraiment recherché donc a priori ils ne peuvent pas l'exclure, poursuit-il. Sur le contexte criminogène, l'endroit où a disparu Tiphaine Véron était dépeint comme un endroit de tourisme. Mais nous avons découvert par la suite qu'il y avait eu non seulement de nombreuses disparitions, mais qu'en plus, près de l'hôtel, il y avait des panneaux indiquant qu'il fallait faire attention aux faux guides. C'est normal que tout cela alimente à la fois le désespoir de la famille, mais aussi leur quête légitime d'obtenir des réponses par rapport à la disparition de leur proche".

Quelle thèse privilégier aujourd'hui ? Aucune, selon l'avocat. "Il est impossible de trancher définitivement en faveur d'une thèse plutôt qu'une autre, car les recherches ont été effectuées de manière très éparpillée, Nous sommes face à un puzzle dans lequel il y a beaucoup trop de pièces manquantes".

La demande d'actes déposée par Me Vey devrait arriver sous peu au Japon, y être traduite, puis  exécutée. "Nous espérons que d'ici six à huit mois, il y aura de nouvelles avancées", conclut l'avocat. 

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