Un mineur en garde à vue après des tirs de mortiers contre un lycée de l'Oise

Un mineur en garde à vue après des tirs de mortiers contre un lycée de l'Oise

VIOLENCES - Un mineur est en garde à vue, suspecté notamment de s'être rendu complice jeudi des tirs de mortier lancés contre un lycée de Montataire (Oise), l'un ciblant particulièrement une CPE.

L'épisode n'a fait aucun blessé, mais les forces de l'ordre sont à pied d'œuvre pour en élucider les circonstances. Jeudi 6 mai, le lycée Malraux, situé à Montataire, dans l'Oise, a été la cible de tirs de mortier d'artifice, a indiqué le parquet de Senlis. "Aucun blessé" ni dégât n'est à déplorer, a indiqué la même source. Un mineur a été placé en garde à vue.

L’alarme incendie du lycée avait été déclenchée à l’aide d’un boitier- Jean-Baptiste Bladier, procureur de Senlis

Les engins pyrotechniques ont été tirés en direction d'une CPE, potentiellement ciblée personnellement, a ajouté le parquet. Le procureur, Jean-Baptiste Bladier, a précisé à l'AFP qu'"une enquête a été ouverte pour violences sur personne chargée d'une mission de service public".

Dans un communiqué, le magistrat du ministère public a précisé les circonstances des faits : "un container à poubelles situé devant l’abribus du lycée avait été incendié à 10h", puis, à 12h10, "l’alarme incendie du lycée avait été déclenchée à l’aide d’un boitier situé, par hypothèse, au sein de l’établissement".

"Tiens, ça c’est pour toi"

"A 12 heures 50, constatant depuis son bureau un regroupement de personnes sur le parvis, la Conseillère Principale d’Éducation (CPE) était sortie sur ledit parvis. Elle avait alors vu un groupe de 6 à 7 individus, tous porteurs de capuches et vêtus de noir, s’affairant autour d’un sac de courses posé au sol", a poursuivi Jean-Baptiste Bladier.

"Certains individus étaient munis de bouteilles contenant un liquide pouvant s’apparenter à du carburant, tandis qu’un autre était porteur d’un mortier d’artifices. Cet individu en particulier s’était rapproché de la CPE puis avait tiré dans sa direction en disant 'tiens, ça c’est pour toi'", a ajouté le procureur. La CPE a précisé avoir pu éviter le tir, avant d'essuyer, une fois abritée à l'intérieur de l'édifice, "5 ou 6 tirs en rafale", selon ses mots, repris par Jean-Baptiste Bladier.

Un potentiel "liquide inflammable" dans des bouteilles

Après les faits, les enquêteurs avaient rapidement découvert "deux bouteilles en plastique contenant un 'liquide verdâtre' susceptible d'être un liquide inflammable" dans un bac à fleurs, ainsi que "deux bouteilles contenant le même liquide et une bouteille 'd’allume-feu' liquide", cachées par un conteneur à verre.

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Les mortiers d’artifice seront-ils bientôt interdits à la vente ?

D'après le procureur, la CPE a indiqué, durant son audition, ne pas être en mesure "d’identifier l’auteur ayant utilisé le mortier d’artifices". Elle a en revanche identifié "l’une des personnes contrôlées par les policiers à leur arrivée sur le parvis comme ayant appartenu au groupe des auteurs"

L'adolescent, placé en garde à vue, est suspecté de "fabrication d'un engin explosif, tentative de dégradation par incendie et complicité de violences aggravées",  selon Jean-Baptiste Bladier. Le mis en cause "n'est pas un élève du lycée".

"En l’état, il n’est pas possible de déterminer précisément la motivation des auteurs, ni d’affirmer qu’il s’agirait d’élèves ou d’anciens élèves de l’établissement", a poursuivi le magistrat du ministère public.

Des tirs potentiellement "liés à des décisions prises dans un cadre disciplinaire"

L'une des hypothèses envisagées est que ces tirs "pourraient être liés à des décisions prises dans un cadre disciplinaire à l'intérieur du lycée, il y a quelques jours" à l'encontre "d'un ou plusieurs élèves", avait déclaré à l'AFP, jeudi soir, le procureur de la République de Senlis. Le commissariat de police de Creil a été chargé des investigations, et "l'analyse des éléments matériels saisis sur les lieux est en cours", d'après la même source. 

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Le recteur de l'académie d'Amiens Raphaël Muller et la préfète de l'Oise Corinne Orzechowski "condamnent avec la plus grande fermeté ces faits de violence (...) S'attaquer au service public de l'Éducation est intolérable".

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