Vaccination : non, la Cour pénale internationale n'a pas "accepté une plainte pour violation du code de Nuremberg"

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JUSTICE - La sphère anti-vaccin se réjouit depuis ce samedi que la Cour pénale internationale ait "accepté" la plainte de deux avocats israéliens contre la vaccination dans leur pays. C'est faux.

Il suffisait de remonter à la source pour s'apercevoir de l'erreur. Une rumeur selon laquelle  la Cour pénale internationale aurait accepté une plainte pour "violation du code Nuremberg du gouvernement israélien" circule depuis ce week-end. C'est par exemple mot pour mot le titre d'un article publié ce samedi 13 mars sur France Soir. L'information, qu'on retrouve dans une série de publications de la complospère, est en fait une grossière erreur.

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Un simple "accusé de réception"

Diffusée comme un "scoop" par bon nombre de figures de la complosphère, notamment par une ancienne chercheuse de l'Inserm dont l'institut s'est désolidarisé, l'information s'appuie sur un site italien. Qui lui-même tire son information d'Israël News. Dans l'article original (en hébreu), on découvre en effet qu'un cabinet d'avocat israélien - A. Suchovolsky & Co - a envoyé un courrier à cette juridiction. Dans ce texte, titré "violation du code de Nuremberg par le gouvernement d'Israël et facteurs supplémentaires", les deux auteurs dénoncent (en anglais) la campagne vaccinale du pays comme relevant de "crimes contre l'humanité". Et font référence à cette liste de dix critères, établie à l'issue de la Seconde guerre mondiale lors du procès des médecins de l'Allemagne nazie, qui précise les conditions indispensables à rassembler pour rendre acceptables les expérimentations scientifiques sur un être humain. 

Mais si cette lettre a bien été envoyée le 1er mars à la Cour pénale internationale, elle n'a pas conduit, pour l'heure,  à l'ouverture d'une enquête. En fait, pour déclarer que la plainte a été "acceptée", les différents auteurs s'appuient sur un autre courrier, cette fois-ci signé du bureau du procureur de la juridiction. Supposé montrer la preuve factuelle de ce qu'ils avancent, le document prouve en fait l'inverse. 

Soit les auteurs n'ont pas lu le corps du courrier, soit ils ne comprennent pas l'anglais. Car il  est très clairement indiqué, et ce dès la première ligne, qu'il s'agit simplement d(un "accusé de réception" de la missive envoyée par les deux avocats Ruth Makhacholovsky et Aryeh Suchowolski. Pour ceux qui ne comprendraient pas le concept, il est précisé noir sur blanc : "Cet accusé de réception ne signifie pas qu'une enquête a été ouverte, ni qu'une enquête sera ouverte par le Bureau du procureur."

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Malgré l'erreur flagrante, l'information a été massivement reprise dans la sphère complotiste. Et elle continue de circuler. Un phénomène peu surprenant, tant ce fameux "code de Nuremberg" attise les fantasmes. Comme nous vous l'expliquions dans un précédent article, ce n'est pas la première fois que cette sphère anti-vaccination brandit ce texte, faisant un parallèle entre la recherche d'une immunité contre le coronavirus et les pratiques de médecins nazis. Une  comparaison problématique à plus d'un titre.

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

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