Procès Benalla : que devient l'ancien collaborateur de l'Élysée ?

Trois ans après le scandale, Alexandre Benalla face aux juges

PORTRAIT - Ce lundi s'ouvre le procès d'Alexandre Benalla, ancien collaborateur du président Emmanuel Macron, jugé pour des faits de violence commis le 1er-Mai 2018, dans la capitale. Mais qu'est devenu l'ex-collaborateur du chef de l'État depuis son départ de l'Élysée en 2018 ?

L'affaire avait agité l'été 2018. Et secoué la Macronie. Trois ans après les révélations sur les agissements d'Alexandre Benalla, qui avait violemment molesté un couple le 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe, l'ancien chargé de mission de l'Élysée passe devant le tribunal correctionnel de Paris. À partir de ce lundi 13 septembre et jusqu'au 1er octobre, le trentenaire devra notamment répondre de faits de "violence en réunion" et "port d'arme". L'occasion de se demander ce que devient l'homme à tout faire de la campagne de 2017, devenu le centre du plus gros scandale du quinquennat Macron.

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Benalla, l'affaire sans fin

Plus bavard que jamais sur Twitter

Issu d'un quartier populaire d'Évreux, Alexandre Benalla a longtemps opéré dans l'ombre. Titulaire d'une licence de droit, il s'est rapidement orienté vers les métiers de la sécurité qui le passionnent. C'est ce qui l'aura amené à être embauché, six ans après son diplôme, pour assurer la sécurité d'Emmanuel Macron. Décrit comme le couteau suisse de la Macronie, la France le découvrira finalement comme un roi de l'embrouille. Entre l'affaire de la Contrescarpe, les soupçons de contrats passés en juin 2018 avec un sulfureux oligarque russe et ses déplacements avec des passeports diplomatiques, sa réputation est entachée. Et la justice s'en mêle, provoquant un  scandale d'État.

 

Mais malgré un patronyme associé à l'affaire la plus embarrassante du quinquennat Macron, Alexandre Benalla ne se fait pas discret. Au contraire. Un an jour pour jour après le début de l'affaire Benalla,  il ouvre avec fracas un compte Twitter. Défendant encore et toujours ses rangs, il prend position, de manière plus ou moins virulente, sur les sujets qui font l'actualité. Exemple de ses faits d'arme : trois jours après l'ouverture de son compte, il s'en prend à l'élue LR Nadine Morano, qui avait critiqué les "tenues de cirque" de l'ex-porte-parole du gouvernement. Twittant compulsivement, il donne son avis sur des personnalités politiques, accumule les provocations et joue les "trolls". Si bien qu'il laissera même croire sur ce réseau social, photos à l'appui, qu'il se prépare à des élections municipales en Seine-Saint-Denis. Une rumeur que l'avenir démentira. 

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Car s'il est devenu une personnalité publique, c'est en fait vers le privé qu'il se tourne. Et plus précisément dans le secteur qui l'aura amené jusqu'à l'Élysée : la sécurité. En juillet 2019, un an après sa chute fulgurante, il explique au Nouvel Économiste avoir créé dès novembre 2018 Comya, sa propre société de conseil en sécurité au Maroc. L'entrepreneur avait alors pour objectif d'en faire "un géant européen" du secteur. Son ambition ? "Un chiffre d'affaires de 300 à 500 millions d'euros à un horizon de dix ans." Interrogé par BFMTV au même moment, il assurait - sans pouvoir fournir de preuves tangibles - que Comya employais cinq salariés à temps plein et qu'elle lui avait rapporté 450 000 euros en 2018.

D'abord installée dans le pays où il a ses origines - le projet étant "de créer une société de sécurité africaine pour des Africains" - il tente ensuite de se délocaliser à Genève afin de disposer d'une aura internationale, avant de finalement se rabattre vers l'Hexagone. Si son entreprise est encore florissante, elle apparaît aujourd'hui loin des objectifs de son créateur. D'après un article d'Africa Intelligence, publié en décembre 2020, l'ancien garde du corps ne fait qu'entretenir le "mythe du brasseur d'affaires" sans donner de résultats. 

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Benalla, le sniper des réseaux

Depuis, Alexandre Benalla semble vouloir retourner dans l'ombre. Il ne communique plus vraiment sur ses activités, ne fait plus d'apparitions médiatiques pour vanter ses ambitions et se fait également plus discret sur les réseaux sociaux. Une manière, peut-être, de lisser son image en vue du procès fleuve qui s'ouvrira lundi.  

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