VIDÉO - Attentats du 13-Novembre : le récit d'une nuit de terreur

VIDÉO - Attentats du 13-Novembre : le récit d'une nuit de terreur

CAUCHEMAR - Des "kamikazes" au Stade de France, des terrasses de bars et la salle du Bataclan mitraillées : près de six ans après, la justice replonge à partir de mercredi et pour neuf longs mois dans l'horreur des attentats jihadistes du 13-Novembre. Retour sur une nuit d'effroi.

Un bruit assourdissant retentit à l'extérieur du Stade de France. Ce jour-là, les Bleus affrontent l'Allemagne depuis un quart d'heure. Personne n'imagine qu'un kamikaze vient de déclencher sa ceinture explosive. Quatre minutes plus tard, deuxième explosion. Sur le terrain, certains joueurs se figent. Démineur de la police en mission de routine pour le match, Didier comprend qu'il se trouve désormais au cœur d'un attentat : "On entend la deuxième explosion. Donc là, on se dit : ‘on est dedans’. Tout devient suspect, à côté, il y a une bouteille de gaz, il y a un sac de vendeur à la sauvette. Les gens ont abandonné leurs affaires, il faut tout contrôler”.

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

Quasiment au même moment, le commando des terrasses ouvre le feu sur le petit Cambodge et le Carillon dans l'Est de la capitale. En moins de deux minutes, les terroristes tirent à 130 reprises. 400 mètres plus loin, deux minutes plus tard, nouvelle fusillade. 21h36, c'est le restaurant “La belle équipe” qui est pris pour cible. L’adjudant-chef Christophe, pompier intervenu cette nuit-là, se rappelle d'un chaos indescriptible. “On a une cinquantaine de personnes qui courent dans tous les sens, qui hurlent, qui crient, et avec beaucoup de victimes allongées les unes sur les autres. Mais on ne peut pas sauver tout le monde et on va essayer de se cantonner à ceux qui sont conscients. C'est une première chose”. Le commando des terrasses laisse derrière lui 39 morts et plusieurs dizaines de blessés.

La prise d'otages au Bataclan durera plus de 2 heures

Au Bataclan, 1500 personnes assistent au concert des “Eagles of Death Metal”. Un troisième commando s'engouffre dans la salle et tire en rafale sur la foule. Ceux qui le peuvent, s’échappent par des issues de secours. C'est le début d'une prise d'otages qui durera plus de 2 heures. Minuit dix-huit, l'assaut final est donné. “Au fur et à mesure qu'on avançait, on trouvait des blessés qu'il fallait faire prendre en charge. On a ouvert des portes de toilettes dans lesquelles il y avait cinq, six personnes tassées. On a vu des gens sortir des placards électriques, des faux plafonds. Les gens s'étaient cachés partout”. Au total, 90 personnes ont perdu la vie au Bataclan. Loïc est policier scientifique. Habitué des scènes de crime, celle du Bataclan est insoutenable : “On découvre une scène irréelle avec tous ces corps enchevêtrés”.

Six ans plus tard, cette nuit reste pour ces policiers et ces pompiers leur pire souvenir d'intervention. Ce procès hors-norme, la plus grande audience criminelle jamais organisée en France, doit s'ouvrir à la mi-journée dans l'historique palais de justice de Paris, sous sécurité maximale dans un contexte de menace terroriste toujours élevé.  La cour d'assises spéciale doit juger - jusqu'au 24 ou au 25 mai 2022 - 20 accusés, dont Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos téléguidés par le groupe État islamique (EI) qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis, et profondément traumatisé le pays.

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Dix autres hommes, incarcérés pendant la durée du procès dans des prisons franciliennes, prendront place à ses côtés dans le box des accusés, jugés pour leur participation à ces attentats, les plus sanglants de l'après-guerre en France. Trois accusés comparaîtront libres sous contrôle judiciaire, six autres seront jugés par défaut. Au total, douze des vingt accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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