Châteauroux : les masques estampillés "Made in France" étaient en fait chinois

Châteauroux : les masques estampillés "Made in France" étaient en fait chinois

ESCROQUERIE - Une dizaine de salariés ont révélé qu'une usine de Châteauroux (Indre) importait depuis six mois des masques fabriqués en Chine pour ensuite les revendre estampillés "Made in France". Une enquête a été ouverte.

Ils révèlent avoir inséré des milliers de masques chinois à l'intérieur de boîtes "Made in France". Des salariés français de l'entreprise Coveix de Châteauroux (Indre) ont dénoncé ce scandale induisant les consommateurs en erreur. "Ils arrivaient dans des cartons, on les déballait et après on les prenait et on les mettait dans des boîtes Made in France", relate Régis Guérin, un ancien salarié de Coveix, face aux caméras de TF1. 

Ces masques n'étaient selon eux soumis à aucun contrôle de qualité. Les employés ignorent encore à ce jour s'ils répondaient aux normes françaises. "Nous produisions également des masques blancs. Ils n'étaient pas forcément tous bons parce qu'il y avait des endroits où les ficelles ne tenaient pas, ou ils n'avaient pas la barre" au niveau du nez, détaille l'un de ses anciens collègues.

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De plus, l'hygiène laissait à désirer. "Quand quelqu'un entrait, tout le vent entrait aussi, des cailloux, de la saleté entraient", commente Brandon Bittermann, un autre ex-employé. Il y a également un grand chauffage en haut de l'usine : dès qu'on l'allumait, des petits copeaux noirs tombaient sur les machines, sur les masques. On en retrouvait partout." 

Le patron n'aurait rien voulu savoir

Les lanceurs d'alerte disent s'en être inquiétés à plusieurs reprises auprès du dirigeant de l'usine. En vain. "On lui a dit pourtant", martèle Patricia Landré, elle aussi ancienne salariée. "On lui a donné des 'conseils'. Mais à chaque fois qu'on lui disait quelque chose, il nous rabaissait, il nous disait 'c'est moi qui commande, c'est moi le patron'". 

Ainsi, depuis le 25 mars dernier, le site, qui avait ouvert en septembre 2020, est fermé. La répression des fraudes a posé des scellés sur toutes les portes. Une enquête a également été ouverte pour escroquerie aggravée au préjudice de l'État. 

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Pour l'heure, le directeur de la manufacture est injoignable et les employés attendent toujours leur salaire du mois de mars. "Il va y avoir les prud'hommes", affirme Dominique Guillaume, membre de la CGT de l'Indre. 

Mais en attendant, "il va y avoir une période où ils seront sans rien. Et ce sont des gens qui sont déjà dans une certaine forme de précarité" car "cette entreprise n'avait que des contrats à durée déterminée", souligne-t-il. Les ex-employés espèrent désormais être entendus afin de recevoir le plus rapidement possible leurs indemnités et reprendre le cours de leur vie. 

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