Lâcher-prise et débordements : le cocktail explosif des soirées "Projet X"

Lâcher-prise et débordements : le cocktail explosif des soirées "Projet X"

INSOUCIANCE - Les soirées "Projet X" sont-elles en passe de devenir le phénomène de l'été ? Après plus d'un an de pandémie, certains jeunes trouvent dans ces fêtes, improvisées sur les réseaux sociaux, un bon moyen de se défouler. Au grand dam des forces de l'ordre.

Leur nom de code : "Projet X", comme le film éponyme sorti en 2012 où une fête entre jeunes vire au chaos. Planifiées sur les réseaux sociaux, ces soirées réunissent depuis plusieurs semaines des dizaines, voire des centaines de jeunes fêtards. Ultime provocation face à une pandémie qui perdure ou insouciance immodérée après plus d'un an de vie sociale entre parenthèses ? Toujours est-il que ces fêtes, organisées sur l'espace public, ne sont pas sans risques.

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Ainsi, une semaine après un rassemblement sur l'esplanade des Invalides à Paris émaillé d'échauffourées, un nouvel appel a été lancé vendredi 3 juillet. Visant encore une fois le cœur de la capitale. Lieu du rendez-vous : sous le pont de Sully près de la Bastille. Une centaine de jeunes s'y sont rassemblé sans masque ni aucune précaution sanitaire. "C'est un peu le concours de celui qui a la plus grosse enceinte. Celui qui met le meilleur son va rassembler le plus de personnes possibles. Et à partir de là, tout est possible", confie un jeune fêtard dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Des participants très jeunes

Ces fêtes gratuites ont pour l'instant surtout lieu en Île-de-France et rassemblent des participants très jeunes pour la plupart. "On a 16 ans et un soir sur deux on vient ici", lancent deux jeunes filles. Pourtant, le Covid n'est pas encore de l'histoire ancienne. Mais le besoin de lâcher prise est plus fort ; seuls certains sont vaccinés. "On est enfermé depuis hyper longtemps et au bout d'un moment on explose et on a besoin de sortir pour se défouler et rencontrer de nouvelles personnes", explique une adolescente. Tandis que pour deux jeunes garçons, le danger n'est pas plus là qu'ailleurs : "On n'est pas à l'abri d'avoir une personne ici avec le Covid et dans un repas de famille, c’est pareil. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une différence", avancent-ils.

La menace sanitaire n'est pas le seul péril qui guette ces jeunes. Au fil de la soirée, l'ambiance va se détériorer. Devant les caméras de TF1, un téléphone portable est arraché. Le voleur est rattrapé, s’ensuivra une altercation. Les incidents de ce type sont récurrents, ce que la police qualifie d’"actes de prédation". "Je me suis fait arracher ma chaîne", témoigne un lycéen. "Il y a pas mal de groupe qui rodent en cherchant des gens à qui ils pourraient voler des choses, donc il faut faire attention. Il y a des moments dans la soirée où ça commence à mal tourner et il vaut mieux partir", renchérit une jeune fille. 

Il y aura toujours des risques même si on est à fond.- Des organisateurs de soirées "Projet X"

Le coup d'envoi de ces soirées est toujours lancé de la même façon. À 21 h 30, le signal a été donné sur les réseaux sociaux, des comptes Instagram ou Snapchat qui informent en temps réel les fêtards. "Invalides ça a l'air salement tendu, go Sully Morland, faites passer le message", peut-on lire par exemple. Mais ces annonces, diffusées instantanément, n'attirent pas que de jeunes lycéens venus s'encanailler. 

Ainsi, le 18 juin, un participant a été blessé dans une bagarre sur l'esplanade des Invalides. La police a ensuite dû disperser la foule. Du côté des organisateurs, des garçons cagoulés suivis par près de 7 000 personnes sur les réseaux sociaux, ils semblent quelque peu dépassés par ces possibles débordements. "Il y aura toujours des risques même si on est à fond", répondent-ils. Avant de trancher naïvement quand la journaliste les interroge davantage sur leur réaction en cas de dérapage : "On appelle la police"

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Sous le pont de Sully, les forces de l'ordre ne sont finalement pas intervenues de la nuit. Pour elles, difficile d'agir, le couvre-feu est terminé et les rassemblements ne sont pas interdits. Disperser la foule près de la Seine fait aussi craindre qu'un jeune ne tombe à l'eau.

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