Point de deal rasé au bulldozer à Salon-de-Provence : quels effets deux mois après ?

Point de deal rasé au bulldozer à Salon-de-Provence : quels effets deux mois après ?

ENQUÊTE - En septembre dernier, le maire de Salon-de-Provence avait fait raser une placette servant de lieu de vente de drogue, après une fusillade à la kalachnikov à proximité d'une école. Deux mois après, une équipe de TF1 est retournée sur place.

Dans le quartier, la fusillade est encore dans tous les esprits. "Le mien, au début, il ne voulait pas revenir en classe", témoigne la mère d'un élève de l'école toute proche, "il avait très peur, il en fait encore des cauchemars". Le 7 septembre dernier, lorsque des tirs éclatent sur une placette du quartier des Canourgues, utilisée comme point de vente par des dealers, une centaine d'enfants étaient en train de sortir de leur école. 

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Le maire de Salon-de-Provence avait alors déclenché une opération coup de poing dans les jours suivants, rasant notamment tous les arbres qui servaient aux trafiquants pour masquer leur activité.  Deux mois plus tard, d'après une habitante du quartier rencontrée par une équipe de TF1, "les gens passent tranquillement maintenant (...), c'est sympa, on rencontre plus de gens qu'on ne voyait plus à cause des jeunes qui étaient là". Depuis au moins l'année dernière, les lieux étaient occupés en quasi-permanence par les dealers. La destruction du site aura permis de les déloger, mais ils ne sont pas allés très loin.

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Salon-de-Provence : des tirs à l'arme de guerre près d'une école

Le jour du tournage de TF1, les jeunes vendeurs de drogue s'étaient installés dans un parc pour enfants, juste en face de la sortie de l'école. "La situation n'a pas évolué", fustige une enseignante, "et les cris des guetteurs continuent à se faire entendre pendant le temps de classe".  Souvent à peine plus âgés que les élèves, les dealers ont entre quatorze et vingt ans, et disent gagner entre 150 et 200 euros par jour. En reprenant le trafic après la destruction de leur point de vente habituel, ils ont choisi de se déplacer régulièrement. "Ça change tous les jours", explique l'un d'eux, "toutes les deux heures le point de deal change". Selon les dealers, cette nouvelle organisation ne change rien, les clients savent où les trouver. 

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Pour la police, ces déplacements incessants pourraient toutefois constituer un avantage. "D'avoir un point de deal mobile", explique le brigadier-chef Franck Guellier, "ils vont avoir plus de difficulté à aller voir le client, ils vont devoir se déplacer, et nous avons plus de chance de les avoir sur un déplacement". Le maire a prévu de détruire les lieux qui commencent à remplacer l'ancien point de vente habituel, espérant continuer d'affaiblir le trafic. Mais celui-ci, même freiné, semble encore trop lucratif pour que les dealers ne l'abandonnent.

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