"Ils étaient déterminés à nous faire très mal" : l'un des policiers agressés à Aulnay-sous-Bois témoigne

"Ils étaient déterminés à nous faire très mal" : l'un des policiers agressés à Aulnay-sous-Bois témoigne

EXCLUSIF - Dimanche, deux policiers à moto ont été blessés par une quinzaine d'individus lors d'un contrôle routier en Seine-Saint-Denis. L'un des deux agents a accepté de se confier auprès de TF1.

Le policier, tout juste de l'institut médico-légal ce lundi, est encore secoué. Blessé à l'épaule, il est arrêté pour trois semaines. La veille, cet officier a été agressé avec l'un de ses collègues par une quinzaine de personnes à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Une scène de brutalité filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Moins de 24 heures après les faits, le policier a décidé de s'exprimer sous couvert d'anonymat, face aux caméras de TF1. "La détermination, la puissance des coups...", il raconte la violence de l'agression.

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Le 20h

Tout commence ce dimanche à 17 h. Les deux motards de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) 93 sont postés à l'entrée de la cité des 3000 en Saint-Saint-Denis. Ils procèdent à un banal contrôle routier sur deux hommes circulant en deux-roues. Selon Le Parisien, le conducteur aurait affirmé qu'il n'avait pas son permis de conduire et le passager aurait alors proposé aux agents d'aller récupérer les papiers au domicile de son ami. Quelques minutes plus tard, l'individu revient avec une quinzaine de personnes. Tous sont prêts à en découdre.  

Les deux agents de police se retrouvent alors pris pour cible. Rapidement, ils sont plaqués au sol et reçoivent une pluie de coups. "Les individus étaient déterminés à nous faire très mal. Peut-être même à nous tuer", raconte le policier. Pendant que les deux officiers se font passer à tabac, un individu filme la scène. Loin d'être un simple témoin, ce dernier encourage les agresseurs en insultant les agents de police. "Quand j'étais au sol, j'avais mon épaule démise. Un individu m'a lancé une barrière sur le visage et ensuite on a reçu des coups dans le dos et dans les côtes", décrit l'officier. 

On est souvent menacés, outragés- L'un des deux agents agressés

 À 26 ans, l'agent agressé travaille quotidiennement dans les quartiers dits "sensibles". Pour rappel, les CSI sont des services de police qui participent à la sécurisation des zones difficiles et à des missions de maintien de l'ordre. "On est souvent menacés, outragés ou bien pris à parti parfois violemment. Mais je n'ai jamais été autant blessé que lors de cette intervention", estime le policier. 

Selon les syndicats de police, la situation serait de plus en plus sensible pour les officiers sur le terrain. "Quand vous travaillez dans ces quartiers, vous savez que vous pouvez être soumis à toutes formes de violences. Cependant, sur un simple contrôle routier, on ne s'attend jamais à se faire prendre à parti par une quinzaine d'individus", explique Erwan Guermeur, secrétaire départemental, unité SCGP Police FO Seine-Saint-Denis. 

À droite, la classe politique s'indigne

Sur les réseaux sociaux, les messages d'indignation ont afflué. Le préfet de Police de Paris, dont dépendent ces fonctionnaires, a déclaré sur Twitter "apporter son soutien aux deux motards de la #CSI93, violemment pris à partie à #AulnaySousBois", "blessés" et "conduits en milieu hospitalier". Une enquête pour violences sur personnes dépositaires de l'ordre public a été confiée au commissariat local, et une personne a été interpellée, a indiqué le parquet de Bobigny.

Cette agression a fait réagir une partie de la classe politique, située plutôt à droite sur l'échiquier. "Encore une fois des policiers lynchés alors qu'ils ne faisaient que leur métier ! #Aulnay. Face à ces images intolérables que fait l'État pour renforcer les effectifs manquant et prononcer enfin des sanctions vraiment dissuasives et exécutées ?", s'est indignée Valérie Pécresse, présidente (Libres !) de la région Ile-de-France.

De son côté, le numéro 2 du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé sur Twitter que cette agression montrait "la réalité des violences au faciès, celles commises tous les jours contre ceux qui portent un uniforme et représentent l’État français".

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Créée en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, cette unité de police était sous le feu des critiques après une série d'affaires qui ont éclaté au grand jour. La compagnie de Seine-Saint-Denis est visée par une quinzaine d'enquêtes pour vol, violences, détention de drogue et faux en écriture publique. Ils sont soupçonnés d'avoir racketté des délinquants, d'avoir monté de fausses procédures et d'avoir extorqué d'importantes sommes d'argent selon Le Parisien. 

Dans ces affaires, une quinzaine des membres de l'unité de police étaient visés, soit 10% des effectifs. Quatre agents ont été mis en examen en juillet, ce qui avait conduit le préfet Didier Lallement à annoncer la "dissolution" de la compagnie. Elle a finalement été simplement réorganisée, et placée sous l'autorité de la CSI de Paris. 

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