VIDÉO - "Je vais pouvoir retrouver mes enfants" : libre, Valérie Bacot ovationnée à la sortie du tribunal

Elle aura été considérée comme une victime tout au long de son procès. Condamnée à quatre ans de prison, dont un ferme, pour l'assassinat de son mari, Valérie Bacot est sortie libre vendredi 25 juin. Elle avait déjà purgé un an en détention provisoire.

VICTOIRE - Affaiblie et sonnée, Valérie Bacot est sortie libre, ce vendredi soir, du palais de justice de Chalon-sur-Saône. La cour d'assise a requis une peine symbolique de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, lui permettant de rejoindre son domicile puisqu'elle a déjà passé un an en détention provisoire.

Libre mais éprouvée, Valérie Bacot est sortie du palais de justice de Chalon-sur-Saône ce vendredi soir sous les applaudissements. "Je voudrais remercier la Cour. C'est un nouveau combat maintenant, pour toutes les autres femmes et toutes les maltraitances", a-t-elle déclaré après avoir été condamnée à une peine symbolique de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, ce qui lui permet de ne pas retourner en prison.

"Vidée mentalement et physiquement", celle qui était jugée pour l'assassinat de son mari proxénète s'est néanmoins réjouie : "Je pourrai être là pour mes enfants et ma petite-fille". Soutenue de part et d'autre par ses avocates, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, Valérie Bacot a ensuite péniblement rejoint, sous les flashs et les acclamations de ses soutiens, une voiture qui l'attendait, garée un peu plus loin.

Pour moi justice a été rendue.- Janine Bonaggiunta, avocate de Valérie Bacot

"Personnellement, je suis très satisfaite parce que l'objectif premier, c'était que Valérie ne retourne pas en détention (...) Pour moi justice a été rendue", a déclaré, émue, Maître Janine Bonaggiunta. "On a beaucoup travaillé, on y a cru et de voir que cette femme va retrouver ses enfants ce soir, pour moi c'est une immense victoire." 

L'avocate s'est également dite "satisfaite" de la motivation de ce verdict : "J'ai entendu madame la présidente évoquer une altération élevée du discernement, l'emprise, le syndrome de femme battue. C'est tout ce que j'ai plaidé. C'est tout ce que je voulais que l'on retienne de ces femmes qui sont fracassées pendant des années dans le huis clos familial."

La cour d'assise plus clémente que l'avocat général

À l'écoute des réquisitions ce vendredi matin, la mère de quatre enfants, âgée de 40 ans, s'était effondrée en larmes, perdant connaissance, visiblement épuisée. Les secours avaient été dépêchés pour la soigner et elle avait semblé recouvrer ses esprits en milieu de matinée.

Avec ce verdict, les membres de la cour d'assises sont ainsi allés plus loin dans la clémence que le ministère public qui avait déjà requis une peine modérée de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, en qualifiant de "victime" celle qui a été violée, battue et prostituée pendant des années par son mari tyrannique. "Valérie Bacot ne pouvait pas prendre la vie de celui qui la terrorisait" mais il faut "fixer l'interdit sans réincarcérer", avait déclaré l'avocat général, Éric Jallet, devant les assises de Saône-et-Loire, soulignant que ses quatre enfants avaient "besoin" de l'accusée. 

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Valérie Bacot, souvent surnommée "la nouvelle Jacqueline Sauvage", a tué d'une balle dans la nuque, à l'âge de 35 ans, Daniel Polette, 61 ans, le 13 mars 2016, après près de 25 ans de viols et de violences, puis de prostitution contrainte. Elle encourait la perpétuité.

"Une société qui se fait justice soi-même, c'est la guerre des uns contre les autres", a estimé l'avocat général. Mais "Valérie Bacot est victime, très clairement", a-t-il reconnu. Ce vendredi soir, la présidente du tribunal, Céline Therme, a souhaité à Valérie Bacot "de retrouver paix et sérénité".

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