"L'opportunité s'est transformée en belle arnaque" : gare à l'escroquerie au bitume

"L'opportunité s'est transformée en belle arnaque" : gare à l'escroquerie au bitume

ESCROQUERIE - Dans plusieurs départements, de faux bitumeurs tentent de flouer leurs victimes. Les forces de l'ordre lancent un appel à la vigilance.

Un faux prétexte, des mensonges et, finalement, l'intimidation. Ce qui pourrait passer pour le scénario d'un film mafieux, des particuliers français l'ont expérimenté lorsque de faux bitumeurs leur ont escroqué de rondelettes sommes, parfois sous la menace.

C'est le cas d'Arthur Zamanski, un jeune agriculteur des Landes. Il y a une quinzaine de jours, une entreprise s'est présentée à son exploitation pour lui proposer la réfection d'une cour en bitume. "On avait demandé quelque chose de lisse pour l'évacuation de l'eau et enlever les imperfections et trous. Et finalement, on se retrouve avec des trous et une surface moins propre qu'avant", raconte-t-il à TF1 dans la vidéo en tête de cet article.

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Arthur a bien une facture attestant des travaux des ouvriers : "À peu près 2800 TTC", détaille-t-il. Il dispose même d'images de vidéosurveillance captées lors de la venue de l'équipe de bitumeurs. "On voit que le béton est à 90 °C, comme le font les professionnels", commente l'agriculteur face aux images. 

Reste que rien n'a été fait dans les règles de l'art. Résultat : "L'opportunité qu'on pensait bonne s'est retournée contre nous et s'est transformée en belle arnaque", déplore-t-il. Il a donc porté plainte.

Des prix défiant toute concurrence- Matthieu Desquiret, gendarme

À chaque fois, les tarifs pratiqués par les escrocs sont alléchants : quinze euros le mètre carré, contre 40 euros en règle générale pour ce type de travaux. Le modus operandi est également rôdé, comme nous le précise le capitaine Matthieu Desquiret, commandant en second de la compagnie de gendarmes de Parentis-en-Born : "Une personne se dit cheffe de chantier en fin de chantier, et le justifie avec la proximité de l'autoroute. Elle propose ensuite à des personnes de venir goudronner leur cour avec les restes de chantier, à des prix défiant toute concurrence".

Les gendarmes des Landes ont relevé dix cas similaires dans le département depuis début mai, mais d'autres ont déjà été touchés. Les forces de l'ordre de l'Aisne, de la Marne, du Cher ou encore de Haute-Garonne ont même diffusé des mises en garde sur les réseaux sociaux.

Les "personnes âgées, seules ou isolées" ciblées par les escrocs

Dans l'Aisne, dès février 2020, les gendarmes évoquaient ainsi des "'professionnels' peu scrupuleux, [qui] savent choisir leurs victimes, souvent des personnes âgées, seules ou isolées". "Par la tenue qu'ils arborent ou la qualité qu'ils annoncent, ces voleurs profitent de la confiance qu'ils inspirent afin de détourner votre attention, fouiller votre domicile et dérober vos biens de valeur", soulignaient aussi les forces de l'ordre.

"Ces bitumeurs ne sont pas déclarés et ne posent que très peu de bitume, le propriétaire devant ensuite tout nettoyer et décoller", prévenaient, de leur côté, les gendarmes de la Marne. Et leurs collègues de Haute-Garonne d'alerter également : "Parfois, les victimes font l’objet de pressions ou de menaces, notamment lorsqu’elles refusent de payer. La facturation est en général fausse et irrégulière, ou tout simplement inexistante. Les victimes n’ont ensuite aucun recours".

Une constante semble aussi se dessiner : les ouvriers ont souvent un accent britannique, ou se présentent comme tels. En avril dernier, France Bleu évoquait même "la méthode dite 'des bitumeurs irlandais'". La radio publique rapportait d'ailleurs l'arrestation, dans le Cher, d'un "Écossais résidant en Irlande".

Dans les Landes, Nicolas Jaquet, un agriculteur de Onesse-Laharie, a, lui aussi, été la cible d'un tel gang. Mais leur tentative n'a pas abouti : le particulier a prévenu les forces de l'ordre après le passage des faux artisans. Il explique ainsi à TF1 avoir relevé leur plaque d'immatriculation et leur avoir "demandé leur numéro de téléphone avant d'appeler les gendarmes".

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Une attitude que recommandent justement les autorités en cas d'approche jugée suspecte de la part d'artisans douteux. "Si vous êtes victimes d’une tentative d’escroquerie de ce genre, contactez immédiatement la gendarmerie, tentez de retenir et/ou de prendre en photo la plaque d’immatriculation du véhicule et notez le nombre d’individus et l’heure", résument ainsi les gendarmes de la Marne.

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