Chihuahuas, Spitz pomeranians... Le fléau des vols de petits chiens

Chihuahuas, Spitz pomeranians... Le fléau des vols de petits chiens

CRÈVE-CŒUR - Les "chiens peluches" sont au cœur d'un marché de plus en plus juteux. Leur revente peut atteindre plusieurs milliers d'euros. Alors, certains sont prêts à tout pour s'en emparer, jusqu'à des agressions en pleine rue.

On a mal à imaginer comment la mignonnerie de si petits animaux peut entraîner des scènes de violences et des trafics. Mais les petits chiens font pourtant l'objet de vols en France. En cause, la valeur de ces petites bêtes à poils, dont le prix peut parfois s'envoler.

Chaque année, ce sont 70.000 chiens de toutes tailles qui seraient dérobés à leurs maîtres. Melina Hériaud en a fait les frais il y a un mois. Alors qu'elle revenait de l'école, où elle avait déposé son fils, elle s'est rendue compte qu'elle avait été victime d'un cambriolage.

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"J'ai trouvé la porte entrouverte. J'ai tout de suite pensé à ma chienne. On l'a cherchée pendant plusieurs mois et on ne l'a jamais retrouvée", explique-t-elle à TF1, dans la vidéo en tête de cet article.

À part quelques placards fouillés, aucun objet de valeur n'a été emporté. Mais son chien, une femme Spitz pomeranian de sept mois, n'est plus là. Malgré des annonces sur les réseaux sociaux et près de 200.000 partages, l'animal, qui peut valoir jusqu'à 6500 euros, reste introuvable. 

La maitresse de l'animal nous précise aujourd'hui être "choquée. Voler un chien, ce n'est pas simplement voler un objet, mais un membre de la famille. Donc ça fait mal au cœur".

Des chiens qui valent jusqu'à 15.000 euros

Comme les Spitz pomeranians, d'autres races sont tout particulièrement ciblées par les voleurs. C'est le cas des American Bully, des Staffies, des Chihuahuas ou encore des Bouledogues, qui peuvent valoir, en fonction de leur race, jusqu'à 15.000 euros. Leurs prix ont fortement augmenté depuis les confinements, car la demande explose. Conséquemment, les vols augmentent, au point que des policiers et des gendarmes ont fondé une association de protection animale.

Nathalie, fonctionnaire de police, en fait partie. D'après elle, les voleurs sont parfois "des opportunistes", mais peuvent aussi se constituer en "réseaux qui sont de plus en plus organisés, car ils se rendent compte que c'est vraiment de l'argent facile. C'est presque plus facile de voler un chien qu'une voiture, aujourd'hui", précise la vice-présidente de la Brigade de protection animale.

En consultant, sur Internet, une offre pour un "Spitz nain" vendu 2200 euros, Nathalie souligne qu'"on n'a pas le numéro d'identification du chien ni de photo". "Ça pourrait être un chien volé", envisage la fonctionnaire, soulignant que les animaux, une fois dérobés, sont ensuite utilisés pour la reproduction, ou revendus sur les réseaux sociaux ou sur les sites d'annonces.

Au Royaume-Uni, "2020 a été la pire année"

Au Royaume-Uni, le phénomène du vol de chiens est même devenu un véritable fléau. Sur le site internet DogLost, Wayne May aide des propriétaires éplorés à retrouver leurs animaux perdus ou volés. Il a constaté une hausse d'environ 250% des vols de chiens depuis le début de la pandémie. 

"Je fais ça depuis 30 ans et 2020 a été la pire année", explique-t-il à l'AFP, pointant "une pandémie en soi, en plein essor". D'après, lui, les voleurs se tournent vers ce type de larcins, car il est "plus lucratif que d'être dealer de drogue maintenant au Royaume-Uni." Et pour cause. D'après lui, "si on vous attrape en train de voler un chien, vous risquez une amende dérisoire de 200, 250 livres. Et les gangs criminels sont prêts à courir le risque pour un montant si dérisoire"

La nécessité d'être "vigilant aux questions"

De notre côté de la Manche, Mathilde Duton et ses amies, propriétaires de chiens, ont créé un groupe de promenade, les "promeneuses du couvre-feu". Objectif : se protéger des agressions.

"On se promène tard le soir, vers 22h ou 23h. Rester ensemble, ça nous rassure, on se sent davantage protégées et, surtout, on évite les vols de chiens, les vols à l'arrachée", précise la maitresse d'un de ces "chiens peluches".

Il y a deux mois, une membre du groupe, Alice Boisserand, a justement failli être victime d'un vol à l'arrachée. Depuis, elle applique les bons réflexes face à un inconnu. Elle explique ainsi être "vigilante aux questions comme 'c'est un mâle ou une femelle ?', 'est-il stérilisé ?', 'combien ça coûte ?'" La jeune femme a également "acheté une laisse en maille, moins facile à couper".

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En cas de doute, les "promeneuses du couvre-feu" utilisent une plateforme numérique qui permet de prévenir les autres maîtres de la région d'une tentative d'enlèvement ou d'un comportement suspect, et donc d'essayer d'éviter les vols de chiens.

Plus en amont, quelques bons réflexes peuvent aussi permettre de limiter les risques, ou d'espérer retrouver plus facilement l'animal. Il faut ainsi le faire pucer, afin qu'il puisse être identifié en cas de vol ou de perte. Il faut également, autant que possible, ne pas le laisser sans surveillance devant un magasin, dans une voiture, ou dans un jardin.

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