Féminicide de Mérignac : un mari violent récidiviste, déjà condamné à sept reprises

Féminicide de Mérignac : un mari violent récidiviste, déjà condamné à sept reprises

JUSTICE - Déjà emprisonné pour violences conjugales en 2020 sur son épouse, Mounir B., le suspect qui a tué Chahinez mardi à Bergerac, dispose d'un casier judiciaire chargé. Il a été mis en examen jeudi 6 mai notamment pour "homicide volontaire par conjoint".

Il était déjà bien connu de la police et de la justice. Ce jeudi, le passé judiciaire de Mounir B., mari de Chahinez B. qu'il a tué mardi 4 mai peu après 18 heures à Mérignac, a été détaillé par la procureure de la République de Bordeaux Frédérique Porterie. 

La victime, mère de trois enfants et âgée de 31 ans, avait reçu plusieurs balles dans les jambes, avant d'être immolée par le feu en pleine rue. Mounir B. lui a été interpellé par des policiers de la Bac à 18h45 alors qu'il tentait de prendre la fuite. Au cours des premières heures de sa garde à vue,  Il a expliqué aux enquêteurs avoir voulu "punir sa femme", pensant qu'elle avait "un amant" mais a contesté toute volonté de la tuer. Quelques mots concédés avant de refuser de répondre aux questions. Il a ensuite été déféré en vue d'une ouverture d'information judiciaire des chefs d'"homicide volontaire par conjoint", "destruction volontaire par incendie", et "violences volontaires avec armes en état de récidive légale".  Dans la soirée jeudi, il a été mis en examen de ces chef et placés en détention provisoire. 

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Maçon et père de 4 enfants

Maçon de profession et  employé en CDI depuis 2009, Mounir B. est né en Algérie le 14 mai 1976. Il a la double nationalité. "Après plusieurs allers-retours entre la France et son pays, il s'est définitivement installé en France en 1999. Il s'est marié en 2000 avec une femme de nationalité française, femme dont il s'est séparé douze ans après et dont il a divorcé en juin 2015. De cette première union sont nés trois enfants âgés de 20, 18 et 11 ans. Ils vivent avec leur mère" a indiqué la magistrate au cours de sa conférence de presse ce jeudi. 

Puis Mounir B. a rencontré Chahinez. C'était il y a six ans, en Algérie. Il l'épouse à l'automne 2015, juste après avoir  divorcé. Chahinez est alors venue vivre en France. En 2016 naissait le premier enfant du couple. Chahinez avait déjà deux enfants au moment de sa rencontre avec le suspect, nés en 2008 et en 2013. 

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Sept condamnations sur son casier judiciaire

Sept condamnations figurent sur le casier judiciaire du quadragénaire. Entre 2004 et 2020, il a notamment eu affaire à la justice pour "conduite sous l'empire d'un état alcoolique", "refus de se soumettre aux vérifications de son état", "violences avec usage et menaces d'une arme suivi d'une incapacité n'excédant pas 8 jours", "vols avec destruction et dégradation", a énuméré Frédérique Porterie.  

Sa dernière condamnation remonte, on le sait, au 25 juin 2020. Cette fois-ci, Mounir B. avait été écopé de 18 mois d'emprisonnement dont neuf mois avec sursis probatoire pendant deux ans avec mandat de dépôt délivré à l'audience pour violences par conjoint en présence d'un mineur. "Ce sursis probatoire comprenait l'obligation d'exercer une activité professionnelle, l'obligation de soin, l'interdiction de paraitre au domicile conjugal, l'interdiction d'entrer en contact avec la victime, l'interdiction de fréquenter les débits de boissons", a détaillé la procureure.

Puis Mounir B. a obtenu depuis le 5 octobre 2020 une mesure de placement extérieur spécifique pour les auteurs de violences conjugales. Il avait été libéré le 9 décembre 2020. "Il avait alors déclaré une adresse chez sa sœur et son beau-frère à Pessac. Il était, depuis, suivi par les services pénitentiaires d'insertion et de probation", a expliqué Frédérique Porterie. 

Mounir B. a ensuite été convoqué pour le suivi pénitentiaire le 16 décembre 2020, puis à quatre reprises entre mars et avril. "Il s'est présenté aux convocations et a justifié des obligations de travail et de soin", a assuré la magistrate. En garde à vue, "il a reconnu être rentré en contact à plusieurs reprises avec la victime, et ce, en totale contradiction avec les interdictions qui lui avaient été notifiées le 25 juin 2020", a-t-elle continué.

Nouvelle plainte à son encontre en 2021

La procureure a par ailleurs confirmé que Chahinez B. avait déposé une plainte au commissariat de Mérignac contre son conjoint le 15 mars 2021 pour une agression commise dans la matinée. La police n'était pas parvenue à le localiser. 

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