"Nous sommes tous atterrés" : l'émotion à Pau après le meurtre d’un responsable d'un centre de réfugiés

"Nous sommes tous atterrés" : l'émotion à Pau après le meurtre d’un responsable d'un centre de réfugiés

DRAME - Au lendemain du meurtre d'un responsable de centre d'accueil de réfugiés, l'émotion reste vive à Pau. L'homme de 46 ans a été poignardé par un demandeur d'asile soudanais en voie d'expulsion.

"Il s’occupait bien de nous et faisait tout pour qu’on s’en sorte", se souvient, ému, un réfugié congolais, hébergé dans ce centre. Il connaissait très bien la victime. "Le voir se faire assassiner, de cette manière, bêtement… C’est vraiment inhumain", lâche-t-il, atterré. Au lendemain du drame, le choc a laissé place à la sidération au centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) Isard COS, à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques. 

Vendredi en fin de matinée, un travailleur social a été blessé mortellement à l’arme blanche. La victime, âgée de 46 ans et père de deux enfants, n’a pu être ranimée, en dépit de l’arrivée rapide des secours. L’auteur présumé de l’agression, un demandeur d’asile soudanais âgé de 38 ans, a lui été interpellé par la police. Lors de sa garde à vue, l'homme a reconnu les faits. Sa demande d’asile lui avait été refusée, a-t-il expliqué aux enquêteurs, et il estimait "que sa situation n’a(vait) pas été correctement traitée".

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C’est un choc pour la ville, car c’est une association qui joue un grand rôle- Le maire de Pau, François Bayrou

Un acte effroyable à l’encontre d’un travailleur social que le directeur de l'établissement décrit comme particulièrement investi dans son travail. "Cyril était un travailleur social expérimenté. Chef de service au sein du centre depuis 2015, il avait une longue expérience dans l’accueil des demandeurs d’asile et savait gérer des situations délicates et difficiles. Nous sommes tous atterrés par ce qui vient d’arriver", déclare, encore bouleversé, Philippe Ellias, le directeur du centre de réfugiés.

Le maire de Pau, François Bayrou, s’est rendu à nouveau sur place ce samedi, où il a rendu hommage au personnel du centre pour son engagement. "C’est un choc pour la ville, car c’est une association qui joue un grand rôle, même si elle le fait de manière discrète. Et précisément pour ces situations tragiques ne montent pas en tension et ne dérivent", a expliqué l’édile devant les caméras. 

Une tragédie qui ne laisse personne insensible parmi les habitants. "Nous sommes désolés pour sa famille, ses enfants...", se désole une riveraine. Pour d’autres, cette tragédie a un écho particulier. "Cela m’émeut d’autant plus que je suis fonctionnaire. Je travaille pour une grande collectivité. Cela montre qu’on n’est jamais à l'abri d’un dérapage", confie, inquiète, la quadragénaire. 

C’est grâce à l’intervention d’employés de la structure que le mise en cause a pu être interpellé- La procureure de Pau, Cécile Gensac

À la demande de Jean Castex, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’était rendu à Pau vendredi en fin d’après-midi, pour rencontrer le personnel du centre "durement touché par cet acte ignoble". Des salariés qui sont aujourd’hui très choqués. Une cellule psychologique a été mise en place pour les accompagner dans cette épreuve. Ce samedi matin, la procureure de Pau, Cécile Gensac, a également tenu à saluer leur courage. "C’est grâce à l’intervention d’employés de la structure que le mis en cause a pu être interpellé", a-t-elle souligné, lors d’une conférence de presse. 

Arrivé en France en 2015, il était en voie d'expulsion

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur présumé de l’attaque au couteau s’était rendu vendredi au centre Isard-Cos de Pau "pour obtenir de la structure, et donc de la victime, un papier à l'attention de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides afin de permettre son maintien sur le territoire national", a indiqué la procureure. Se disant en "déshérence", il a évoqué "la crainte d’avoir dû retourner au Soudan en raison des guerres locales" qui ont motivé sa venue en Europe, a-t-elle ajouté. Arrivé en France en 2015, il était en voie d'expulsion. L'homme a fait l'objet d'une première expertise psychiatrique, qui "n'a mis en évidence aucune pathologie". Il sera déféré ce dimanche en vue d'une mise en examen pour assassinat.

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