"Opération Azur" : l'inquiétant projet de coup d'État déjoué du complotiste Rémy Daillet

"Opération Azur" : l'inquiétant projet de coup d'État déjoué du complotiste Rémy Daillet

COMPLOTISME - Soupçonné d'être à la tête d'un bataillon clandestin et paramilitaire décidé à renverser l'Élysée, le complotiste Rémy Daillet a été mis en examen le 22 octobre dernier. Une enquête de la DGSI révèle l'ampleur de ce projet de coup d'État, porté par un groupuscule d'ultradroite.

L’opération avait commencé par une cascade de mails de menaces glaçants, qui avaient pourtant fini dans la corbeille de nombreux députés et sénateurs. "Le renversement populaire est inéluctable", promettait alors leur signataire, le complotiste Rémy Daillet-Wiedemann, qui s’attaquait à un gouvernement "génocidaire" qui avait proposé "un vaccin qui tue". Un député seulement avait signalé ces missives à la justice. 

"C’est la dernière chance que nous vous donnons", avait lancé l’auteur des mails, avant une très prochaine riposte, "c’est une question de jours, de semaines". Le projet sera finalement avorté : Rémy Daillet a été mis en examen le 22 octobre pour terrorisme. 

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Cette figure de proue du complotisme français, ancien cadre du MoDem de 55 ans de Haute-Garonne expulsé de son parti, est soupçonné d’avoir été à la tête d’une vaste organisation militaire baptisée "Opération Azur", selon une enquête de la DGSI révélée par le Parisien. Une opération aux visées très claires : monter en colonnes depuis les régions vers Paris, armés d’explosifs artisanaux, pour s’emparer de l’Élysée et renverser le gouvernement. 

Une organisation paramilitaire échelonnée et bien rôdée

"Voltigeurs", "grenadiers", "assaillants" : selon la DGSI, ils seraient 300 partisans à avoir pris part à ce projet secret, dont 36 capitaines de régions recrutés et préparés par d’anciens militaires haut gradés, chargés de les "aguerrir" sous la houlette de leur gourou, qui pilotait les préparatifs depuis son domicile, en Malaisie. 

Parmi les soutiens du projet, des profils variés et surprenants, comme des policiers et militaires encore en activité, des médecins, une avocate et un maire, détaille Le Parisien. Douze personnes sont actuellement mises en examen dans le cadre d’une enquête sur ce groupuscule d’ultradroite, baptisé "Honneur et Nation".

Placé en détention provisoire, Rémy Daillet était déjà connu des services de police après avoir été mis en examen et écroué en juin dernier pour "complicité d’enlèvement de mineur" dans l’affaire du kidnapping de la petite Mia, emmenée en Suisse auprès de sa mère alors qu’elle était hébergée chez sa grand-mère dans les Vosges. 

Ce père de sept enfants, décrit comme "charismatique, intelligent et manipulateur" par la DGSI, cumulait aussi des centaines de milliers de vues sur des vidéos complotistes sur YouTube, séduisant toutes catégories de population en appelant le peuple à se soulever. "Catholique, royaliste et convaincu de l’existence d’un système politique corrompu, il devenait selon lui nécessaire de trouver une réponse urgente afin de faire cesser les agissements d’une élite sataniste pédo-criminelle infiltrée par les francs-maçons", notent les services de renseignement.

À la croisée du complotisme antivax et de mouvances néonazies

L’opération reposait sur une organisation clandestine nationale très hiérarchisée et divisée en échelons régionaux, dans lesquelles tendances antivax et mouvements néonazis s’enchevêtrent, comprenant notamment des membres franciliens impliqués dans le rapt de Mia qu’ils estimaient sauver d’un soi-disant réseau pédophile d’État - et dont plusieurs ont été mis en examen - ou encore des sympathisants d’Hitler dans une cellule "Alsace". 

Une mouvance "fourre-tout", résume dans une note de la DGSI consultée par le quotidien, mais des idéologies regroupées sous une seule coupe et un seul projet : renverser l’État et instaurer un pouvoir par le peuple, à commencer par la destruction d’antennes 5G, de centres de vaccination ou lieux de stockage de vaccins avant de s’en prendre à l’Élysée et aux "points névralgiques de la capitale", à l’Assemblée Nationale et au Sénat notamment. Quitte à faire couler du sang :"il est évident qu’il faudra forcer", avait écrit Rémy Daillet le 17 mars dernier à ses factions paramilitaires, relève Le Parisien

Contacté par le journal, l’avocat de l'accusé assure que son client a seulement appelé "au renversement pacifique et populaire du système politique en place dans le cadre de l’exercice de sa liberté d’expression, d’opinion et de conscience", sans jamais verser dans le terrorisme. Il attaque aussi "un traitement de défaveur judiciaire et médiatique" selon lui. 

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