"Je me suis fait avoir" : comment des millions d'euros de cryptomonnaie se sont-ils volatilisés à Dijon ?

"Je me suis fait avoir" : comment des millions d'euros de cryptomonnaie se sont-ils volatilisés à Dijon ?

CYBERCRIMINALITÉ - Cambriolage virtuel ou mauvais placements ? Une enquête a été ouverte après la disparition de plusieurs dizaines de millions d'euros, investis sous forme de cryptomonnaie, par des particuliers de la région de Dijon.

La cryptomonnaie séduit de plus en plus de particuliers. Mais investir dans cette monnaie virtuelle réclamee de la prudence. Une vigilance que des milliers de clients de RR Crypto, une association basée dans la banlieue de Dijon qui conseille et gère les placements d'actifs numériques de ses membres, regrettent de ne pas avoir poussée davantage. Ils ont perdu plusieurs dizaines de millions d'euros - entre 40 et 58 millions selon la presse spécialisée - en un claquement de doigts. 

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Le 20h

L'un d'eux, un jeune homme de 28 ans qui a préféré garder l'anonymat pour ne pas inquiéter ses proches, a accepté de témoigner dans le 20H de TF1. Les 10.000 euros qu'il a investis dans des monnaies virtuelles se sont volatilisés du jour au lendemain. "On n'y croit pas et puis on se dit : 'ça y est, je me suis fait avoir'. Du coup, on essaye de remuer ciel et terre, on n'arrive plus à manger, on dort difficilement et on se dit qu'on a perdu trois ans d'économies. On était prêts à prendre un risque de plus ou moins 10%, peut-être un peu plus, mais pas se faire voler", dit-il dans la vidéo en tête de cet article.

J'ai le regret de vous informer qu'à ce jour les fonds ne sont plus présents sur le portefeuille- Vincent Ropiot, le dirigeant de RR Crypto

Comme lui, 2000 à 4000 investisseurs ont fait confiance à cette structure, créée en 2019, près de Dijon. Son fonctionnement paraissait plutôt simple : un conseiller proposait d'acheter des cryptomonnaies sur internet, des bitcoins par exemple. Puis, comme pour tout placement, l'association prenait ensuite entièrement la main sur les fonds et réalisait des transactions pour faire fructifier l'argent. Un système qui a été très rentable pendant plusieurs mois. Entre janvier et février, par exemple, les clients ont même obtenu des rendements très intéressants avec une plus-value de 38%. 

Olivier Champion, habitué du marché des cryptomonnaies a de son côté investi 7000 euros. Pour lui, cette structure, gérée par un entrepreneur connu à Dijon, semblait sérieuse, avec à la clé, des prises de rendez-vous avec un conseiller, un contrat et des relevés de compte. "Il a quand même un parcours entrepreneurial qui est plutôt réussi. Il a investi des locaux, il est monté en puissance, il a recruté des salariés. Si on veut monter une arnaque, on se fait le plus discret possible, le plus en retrait, avec une possibilité de fuite assez rapide, alors que là, il y avait extrêmement de choses concrètes, locales", admet-il.

Pourtant, depuis dix jours, Vincent Ropiot, le dirigeant de l'association, âgé de 26 ans, a disparu de la circulation. Le 20 juin, il envoyait un dernier courriel à ses clients les prévenant que les fonds confiés s'étaient volatilisés : "J'ai le regret de vous informer qu'à ce jour les fonds ne sont plus présents sur le portefeuille (...) Je suis à ce jour le seul et unique responsable de cette situation", leur a-t-il écrit.

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Depuis ce dernier message, plus de 40 millions se sont envolés et aucun investisseur n'a l'assurance de retrouver ses fonds. "L'association n'étant pas enregistrée auprès de l'autorité des marchés financiers, il y avait une certaine opacité sur l'utilisation des fonds puisqu'il n'y avait aucune obligation de transparence", explique l'économiste Ludovic Desmedt.

De leurs côtés, les salariés de RR Crypto affirment n'avoir eu aucune idée de ce qui se tramait. Eux-mêmes avaient misé leurs économies et certains ont tout perdu. "Non seulement on a perdu l'investissement, mais aussi notre travail donc on est doublement perdant. C'est un peu compliqué parce qu'on ne sait pas vers qui se retourner", raconte l'un d'entre eux.

En attendant, une enquête a été ouverte par la section cybercriminalité du parquet de Paris. Une première audience se tiendra vendredi 2 juillet au tribunal judiciaire de Dijon. Le dirigeant de la société, lui, n'a toujours pas donné signe de vie. 

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