VIDÉO - Mila dans Sept à Huit : "Peut-être que je serai morte dans cinq ans"

VIDÉO - Mila dans Sept à Huit : "Peut-être que je serai morte dans cinq ans"

INTERVIEW EXCLUSIVE - Harcelée et menacée pour ses propos sur l'islam, Mila dénonce dans un livre la violence d'une époque intoxiquée par les réseaux sociaux. Elle s'est confiée ce dimanche à Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit".

Mila de nouveau sous le feu des projecteurs. Comme s’il lui fallait rester dans la lumière pour ne pas sombrer dans le tourbillon infernal dans lequel elle a été entraînée il y a 18 mois, après avoir critiqué l'islam dans une vidéo diffusée sur internet. Ainsi, alors que s'est tenu il y a dix jours le procès de ses cyberharceleurs présumés - renvoyé au 21 juin prochain - qui lui vaut d'être la cible de nouvelles attaques, elle publiera le 23 juin aux éditions Grasset Je suis le prix de votre liberté. Pour l'occasion, elle témoigne face à Audrey Crespo-Mara ce dimanche dans l'émission "Sept à Huit", même si cela a nécessité, comme pour tous ses déplacements, de mobiliser plusieurs agents de sécurité.

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"C'est pesant évidemment. Si je dois aller chercher le pain à la boulangerie d'en face, c'est recommandé que je sorte accompagnée. J'ai l'impression d'être condamnée pour un crime que je n'ai pas commis et que je ne commettrai jamais. De savoir que je n'ai pas le droit d'avoir la liberté des autres personnes de mon âge et de ma génération, c'est très difficile à encaisser", souligne l'adolescente de 18 ans, assurant cependant qu'elle ne s'arrêtera "jamais" de parler. 

Contrainte de quitter son lycée près de Lyon après la publication en janvier 2020 de sa première vidéo devenue virale, la jeune fille a dû également être retirée de l’internat militaire dans lequel elle avait été rescolarisée dans le plus grand secret pour assurer sa protection. Une décision incompréhensible pour elle et ses parents : "On a du mal à comprendre comment un lycée militaire n'a pas su assumer ma protection", dénonce-t-elle. Résultat, Mila a renoncé à passer son bac. "Au niveau des études, je suis complétement perdue", lâche-t-elle.

Sous le coup de la colère

Pourquoi l'adolescente s'en est-elle prise aussi crûment à l'islam ? Elle souhaite s'expliquer : "J'ai toujours beaucoup été insultée au nom d'Allah parce que je me suis toujours habillée assez court, parce que j'ai une sexualité décalée. Quand j'étais au lycée à Villefontaine et que je me promenais avec ma copine main dans la main, on se faisait insulter, c'était toujours comme ça. Donc j'ai fait sur un coup de tête cette vidéo dont je ne regretterai jamais les paroles, et même la vulgarité au final", souligne-t-elle, justifiant sa grossièreté par une colère et peut-être un peu trop d'impulsivité. 

"Mais en aucun cas, je n'ai insulté les croyants", insiste-t-elle, tout en pointant son droit au blasphème en France. "Je sais faire la différence entre les musulmans, que j'apprécie et qui pratiquent leur religion en paix et dans le respect d'autrui, et l'islam politique", dit-elle. 

Même quand je suis dehors, je suis en prison.- Mila

Pour autant, sa vidéo a instantanément enflammé les réseaux sociaux. Depuis, elle a été visionnée 35 millions de fois, déclenchant un déferlement de haine et de menaces de mort. "Toutes les secondes, il y en avait dix qui défilaient sous mes yeux. Au départ, j'étais sonnée parce que c'est la première fois que j'étais confrontée à cela à ce point. Et au bout d'un moment, ça a empiré avec des messages du style : 'on va te violer à quatre', 'sale pute', 'on va t'égorger', 'on va te brûler à l'acide'", se souvient-elle. 

En un week-end, Mila a vu sa vie basculer. Les messages s'enchaînent et l'un d'eux lui dit : "On t'a fait prisonnière dans ton propre pays". Une affirmation qu'elle cautionne aujourd'hui. "Il a raison. Qui dirait le contraire ? Même quand je suis dehors, je suis en prison. Je suis en prison dans les couches de vêtement, dans des maquillages différents. C'est très difficile de sortir camouflée comme ça", dit-elle.

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Alternant avec des phases de dépression et des moments très durs, l'adolescente est pourtant toujours aussi combative.

"Je suis faite comme ça. Je ne peux même pas songer à me soumettre, à présenter des excuses. De toute façon, ça ne changerait rien. Je suis dans un état d'esprit où je me bats en permanence, mais jamais je ne baisse la garde. Que ce soit en vrai ou sur les réseaux sociaux, je garde mon audace", avance-t-elle reconnaissant que "la nation est fragile et lâche". 

"J'étais pourtant persuadée que mon pays n'était pas comme ça, mais je vois la lâcheté partout autour de moi. Personne ne fait rien parce que les gens ont peur", poursuit-elle. Devenue un symbole, comment se voit-elle dans cinq ans ? "Je me vois grande brûlée, peut-être avec une jambe arrachée ou peut-être morte. Peut-être que je serai morte dans cinq ans", répète-t-elle. "Je ne vais forcément pas rester en vie et je sais que ce n'est pas normal. C'est dans ces moments-là que je mets à pleurer parce que je ne suis pas capable de voir mon avenir comme les autres", conclut-elle, amer.

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