VIDÉO - Un tueur en série dans la police : l'enquête de "Sept à Huit" sur l'affaire du "Grêlé"

VIDÉO - Un tueur en série dans la police : l'enquête de "Sept à Huit" sur l'affaire du "Grêlé"

COLD CASE RÉSOLU - Le 29 septembre dernier, le "Grêlé", recherché pour une série de meurtres et de viols entre 1986 et 1994, s'est suicidé en laissant des aveux. "Sept à Huit Life" retrace l'itinéraire de ce meurtrier, qui semble avoir mené depuis les faits une vie sans histoire.

L'affaire du "Grêlé" débute en 1986, avec le meurtre de la petite Cécile Bloch, tuée à 11 ans dans les caves de son immeuble du 19ᵉ arrondissement de Paris. Un homme est aperçu sur les lieux, avec un "visage à la peau irrégulière" qui lui vaudra son surnom. D'autres viols lui seront ensuite attribués, grâce au portrait robot diffusé, ayant en commun des éléments de mode opératoire. Ce n'est qu'à partir de 1996 que l'ADN, qui vient d'entrer dans les pratiques de la police judiciaire, permet de relier clairement les affaires entre elles. Mais le "Grêlé" semble s'être évanoui dans la nature, et ne pas avoir commis d'autre crime depuis 1994. 

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En 2001, nouveau coup de tonnerre : une analyse ADN lui attribue formellement un double homicide particulièrement horrible, commis  en 1987. Il s'agit d'une jeune femme de 20 ans et d'un homme de 38, suppliciés dans un appartement du quartier parisien du Marais. Cette affaire est très différente des précédents connus, qui concernaient des petites filles, mais l'ADN est formel : c'est bien le même homme. Au total, François Vérove est considéré comme l'auteur de trois meurtres et trois viols, attestés par la présence de son ADN. Mais il est soupçonné pour plusieurs autres affaires.

Une carrière entière dans les forces de l'ordre

Pendant toutes ces années, celui que les policiers et les gendarmes recherchent sous le surnom du "Grêlé", était parmi eux.  François Vérove a mené une assez belle carrière, débutée à la garde républicaine en 1983, et poursuivie dans la police nationale à partir de 1988. Lors de ses crimes, il utilise d'ailleurs souvent une carte de police pour forcer ses victimes à le suivre, un détail qui ne le désignait cependant pas comme un vrai policier, pour les enquêteurs. Selon le demi-frère de la petite Cécile, qui avait croisé le suspect le matin du meurtre, "on sentait qu'ils étaient dans le déni", comme il le raconte dans le reportage de "7 à 8". Lui qui avait eu le "Grêlé" en face de lui, a pourtant toujours pensé à un militaire ou un policier, notamment à cause de sa haute stature. 

C'était un bon flic- Anciens supérieurs hiérarchiques de François Vérove

Pour ses anciens collègues, c'est un choc. Rétrospectivement, ils cherchent à savoir ce qu'ils auraient pu rater. Denis Jacob, qui l'avait côtoyé au commissariat de Nanterre, où ils étaient tous deux délégués syndicaux, se "pose plein de questions", depuis que "le Grêlé" a été identifié à François Vérove, à la fin du mois de septembre dernier. Il avait remarqué à l'époque que le jeune policier n'était "pas bien, en souffrance", tout en refusant l'aide de ses collègues. "Est-ce que ce sont ces problèmes psychologiques qui l’ont conduit à commettre ces atrocités", se demande-t-il, "ou ces atrocités qui le mettaient dans cet état-là ?". Pour celui qui est désormais le secrétaire général du syndicat Alternative Police, cette hypothèse pourrait justifier l'arrêt soudain des crimes du "Grêlé", si par exemple François Vérove avait finalement entrepris un traitement.

Deux anciens supérieurs hiérarchiques de Vérove au commissariat de Montpellier, se souviennent également de lui. François Vérove avait quitté la région parisienne en 1999 pour s'installer dans le sud de la France, d'abord à Port-Saint-Louis, puis dans l'Hérault. Pour les deux policiers, "c'était un bon flic". Vérove "faisait bien son travail" se souviennent-ils, "sans zèle excessif, et il ne faisait pas partie de ceux qui abusent de leur position de pouvoir". L'homme est par ailleurs désormais marié et père de famille, et vit une vie rangée dans une maison cossue de Prades-le-Lez, où il est apprécié et impliqué dans la vie municipale.

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Luc, le demi-frère de Cécile Bloch, vient de récupérer les affaires qu'elle portait le 5 mai 1986, quand elle a croisé la route de François Vérove. Ces pièces à conviction sont désormais inutiles à l'enquête, close par le suicide du meurtrier, 35 ans après les faits. Cette extinction de l'action publique, Luc la vit très mal : "C'est comme un deuxième outrage qu'on aurait fait à Cécile", estime-t-il. Après lui avoir échappé pendant toutes ces années, le "Grêlé" s'est soustrait à la justice alors que le filet se resserrait sur lui. François Vérove venait d'être convoqué, comme l'ensemble des policiers en exercice dans la région parisienne à l'époque des méfaits du "Grêlé". Une analyse ADN devait suivre l'interrogatoire, qui l'aurait confondu définitivement.

Plusieurs autres enquêtes sont cependant en cours pour déterminer l'éventuelle implication de Vérove, comme celle sur le meurtre de Karine Leroy, disparue à 19 ans en juin 1994 à Meaux, alors qu'elle se rendait au lycée, et dont le corps avait été retrouvé un mois plus tard. Dans la lettre d'adieux et d'aveux qu'il a laissée à son épouse, François Vérove ne donne aucun détail sur ses crimes, mais indique qu'il n'aurait "rien fait depuis 1997". C'est trois ans après le dernier crime pour lequel il était soupçonné, ce qui ouvre le champ à de nouvelles investigations sur cette période.

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