Boussy-Saint-Antoine, petite ville "calme" rattrapée par la guerre des bandes

Boussy-Saint-Antoine, petite ville "calme" rattrapée par la guerre des bandes

VIOLENCE - Un adolescent de 14 ans a perdu la vie lors d'une rixe mardi 23 février à Boussy-Saint-Antoine. Une commune du département de l'Essonne, devenue le théâtre d'affrontements entre bandes rivales.

Dur réveil pour les habitants de cette commune réputée tranquille, située à la lisière de la forêt de Sénart, à une petite trentaine de kilomètres de Paris. La conséquence d'un scénario qui se répète depuis des années. Une guerre de territoire opposant plusieurs cités voisines, dont celles d'Épinay-sous-Sénart et de Quincy-sous-Sénart. Des jeunes issus de quartiers de ces deux villes se donnent régulièrement rendez-vous à Boussy-Saint-Antoine, commune de 7500 habitants, pour en découdre. 

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Mardi en fin d’après-midi, la petite commune du 91 a été de nouveau le théâtre d’affrontements. Un déchaînement de violence, mêlant une trentaine d’adolescents, à l’épilogue tragique. Un adolescent de 14 ans, blessé d’un coup de couteau à l’abdomen, a perdu la vie tandis qu’un autre âgé de 13 ans, grièvement blessé à la gorge, a finalement pu être sauvé à l’hôpital. Six jeunes ont été interpellés et l'auteur du coup mortel s'est rendu à la police mardi soir. 

"Nous étions du Val-de-Marne, nous avons déménagé pour venir dans cette petite ville en  nous disant que tout allait être plus calme pour nos enfants. Mais finalement, la délinquance est partout. Nous sommes inquiets pour nos enfants", confie une habitante devant les caméras de TF1. "Cela nous fait peur aussi : nos enfants se connaissent de vue, cela nous choque beaucoup", indique pour sa part un père de famille.

Des quartiers sensibles, une police impuissante

Déjà en 2019, une rixe entre bandes rivales avaient mis aux prises une cinquantaine de jeunes venus des quartiers du Vieillet à Quincy-sous-Sénart et des Hautes-Mardelles à Brunoy. Lors de ces affrontements, un mineur âgé de 15 ans, grièvement blessé au crâne à coup de battes de baseball, avait dû être transféré en urgence vers l'hôpital. Des marteaux et des pistoles factices avaient été retrouvés sur les lieux. De précédents incidents avaient également eu lieu en 2018 à Yerres, une commune située à quelques kilomètres de Boussy-Saint-Antoine.

Le trafic de drogue gangrène une partie de la jeunesse notamment dans les quartiers sensibles. Et les effectifs de police sont insuffisants. Une situation qui peut expliquer en partie la récente escalade de violence. D'autant que sur la commune, le taux de chômage chez les jeunes de 15-24 ans dépasse les 25% (chiffres Insee 2017, ndlr), soit au-dessus de la moyenne nationale (autour de 20%). 

Pour renforcer les moyens des forces de l'ordre, une convention de coordination entre police nationale et police municipale a été mise en place l’an dernier, sous l’impulsion du maire (PS) de Boussy-Saint-Antoine, Romain Colas. Une mesure qui vise à élargir les compétences des policiers municipaux notamment en matière de prévention de la délinquance. "Nous allons réfléchir à aller plus loin, en armant nos agents", évoquait à l'époque l’édile cité par nos confrères du journal Le Parisien. Le ministère de l'Intérieur a indiqué mardi l'envoi de 30 policiers dans cette commune en renfort des forces de l'ordre déjà présentes. 

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