Meurtre du petit Jonathan en 2004 : la piste du tueur en série allemand sous l'œil de "Sept à Huit"

Meurtre du petit Jonathan en 2004 : la piste du tueur en série allemand sous l'œil de "Sept à Huit"

FAIT DIVERS - Dix-sept ans après la mort du petit Jonathan Coulom, près de Nantes, un pédocriminel allemand a été mis en examen. Peut-être l’épilogue de ce cold-case vieux de 17 ans, qu'a retracé l'émission "Sept à Huit" ce dimanche.

En avril 2004, Jonathan Coulom, 11 ans, part en classe de mer avec ses camarades de CM1 à Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique. C'est la première fois qu'il va voir l'océan. Sa mère, Virginie, l'accompagne au bus. Elle le regarde mettre son sac à dos dans la soute, il lui glisse un "maman, je t'aime." Ce sont les derniers mots qu'ils vont échanger. Dans la nuit du 6 au 7 avril, Jonathan disparait. Il est en pyjama et sans chaussures. L'un des cinq amis avec qui il partage sa chambre dit le lendemain avoir aperçu une lampe torche et entendu un homme dire "tu dors ?" 

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Le 19 mai 2004, le corps de Jonathan est retrouvé nu, ligoté en position fœtale, flottant à la surface d'un étang, dans une propriété de Guérande, à 30 km du lieu de sa disparition. Dix-sept ans plus tard et après de nombreux rebondissements dans l'enquête, une piste sérieuse est étudiée. 

La piste locale abandonnée

La première autopsie, réalisée quelques heures après que le corps ait été repêché, induit les gendarmes en erreur. Les conclusions optent pour une mort remontant à très peu de temps avant la découverte du cadavre. L'enquête s'oriente alors vers une piste locale.

Pourtant, dans les jours qui suivent la disparition de Jonathan, la police allemande signale aux gendarmes français les similitudes de leur affaire avec celle d'un tueur qui sévit Outre-Rhin. À l'époque, celui qui est surnommé "Schwartzmann", "l'homme en noir", a déjà tué trois garçons en les enlevant dans des centres de vacances. Une piste qui pourrait également correspondre au témoignage de Guy, un homme âgé qui habite à six kilomètres de l'étang où a été retrouvé le corps. L'homme avait affirmé aux gendarmes avoir vu une voiture immatriculée en Allemagne se dirigée aux alentours de l'étang quelques jours après la disparition de l'enfant. Mais ni son témoignage, ni l'appel de la police allemande ne seront pris au sérieux par les gendarmes.  

Martin Ney incarcéré à Nantes depuis janvier 2021

Alors que l'enquête française patine, la police allemande parvient, après vingt ans de recherches, à arrêter Martin Ney. Le tueur en série se servait de son métier d'éducateur pour entrer en contact avec ses victimes. Il avait enlevé trois garçons dans un internat, une école rurale, et un campement de la région de Brême avant de les tuer. Il a également été reconnu coupable d'abus sexuels sur 40 garçons, selon le quotidien Bild. Mais il nie être impliqué dans l'affaire du petit Jonathan Coulom.

En 2012, Martin Ney est condamné à la prison à perpétuité par le tribunal de Hambourg. Les enquêteurs français tente de l'interroger, en vain. L'homme reste mutique. C'est son partenaire de cellule qui donne un nouveau tournant à l'enquête en 2017. Selon le codétenu, Martin Ney lui aurait dit "à plusieurs reprises qu'il a, là-bas en France, abusé d'un garçon et qu'il l'a tué." Toujours en parlant de "l'homme en noir", son codétenu affirme qu'"il a été étonné que le meurtre ne soit pas élucidé et ne lui ait pas été imputé, car il a dit qu'il avait été probablement vu en France par un homme accompagné d'un chien." 

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Le 5 avril 2018, les gendarmes français lancent un appel à témoin. Ils sont à la recherche d'un sac à dos, qui aurait pu être découvert en avril ou mai 2004 dans les environs de Saint-Brevin-les-Pins ou de Guérande. En 2019, la France émet un mandat d'arrêt international à l'encontre de Martin Ney. 

Le 21 janvier 2021, il est mis à la disposition de la justice française et incarcéré à Nantes. Il a ensuite été mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre de Jonathan. Mais, pour l'instant, Martin Ney refuse de parler. Selon l'avocate de la mère de Jonathan, l'espoir qu'il avoue un jour est très faible, tout comme le fait que l'enquête soit résolue. "On n'a pas suffisamment d'éléments et s'il ne veut pas parler, ça va être compliqué. Je ne vois pas comment on va pouvoir le poursuivre derrière une Cour d'assises, sauf à déterminer par un témoignage ou d'autres faits qu'il était présent au mois d'avril 2004 dans la région", affirme-t-elle au micro de "Sept à Huit". Les magistrats français ont jusqu'à fin septembre pour interroger Martin Ney. Ensuite, il devra retourner en Allemagne. 

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