VIDÉO - Trafic de drogue à Marseille : le 20H de TF1 en immersion au cœur des quartiers nord

VIDÉO - Trafic de drogue à Marseille : le 20H de TF1 en immersion au cœur des quartiers nord

REPORTAGE - Emmanuel Macron est en visite à Marseille jusqu'à vendredi pour présenter un grand plan pour la ville. L'occasion pour les caméras de TF1 de se poser dans les quartiers nord, où le trafic de drogue est devenu le premier secteur économique.

Une longue visite pour un lourd dossier : jusqu’à vendredi, Emmanuel Macron est à Marseille pour y dévoiler un plan de modernisation de la deuxième ville de France. Il concernera les écoles, le logement, les transports, et bien sûr la sécurité. Il faut dire qu'avec 156 points de deal, soit "deux fois plus que des bureaux de poste", Marseille est gangrénée par le trafic de drogue, notamment dans les quartiers nord de la ville. 

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Dans ces cités aux noms champêtres - Les Marronniers, Les Rosiers, Les Lauriers, Les Oliviers - le trafic de stupéfiants y est devenu la première activité économique. Guetteurs, vendeurs, transporteurs... Des centaines de personnes, souvent très jeunes, ont investi le terrain. Il est rare que des caméras de télévision puissent filmer leur activité. Mais le 20H de TF1 a pu aller à leur rencontre.

Le reportage en tête de cet article nous fait tout d'abord découvrir Rayan, un jeune guetteur aux avant-postes. "On ne sait jamais si ça sort à pied ou quoi. Le soir, ça peut faire des guet-apens", raconte-t-il en montrant son point d'observation. À 18 ans, il a déjà six ans d'expérience dans ce milieu et passe ses journées, de 10 h à minuit, à surveiller les entrées du quartier pour prévenir en cas d'arrivée de la police ou d'attaque d'un réseau concurrent. "C'est du risque, mais on le fait. Il n'y a pas d'argent. On est là, on veut s'habiller comme on veut. C'est le seul moyen d'avoir des sous le plus vite possible. C'est un choix de vie à faire, soit le bon, soit le mauvais. Nous, on a pris le mauvais", dit-il. 

15 morts depuis le début de l'année

Les jeunes, souvent mineurs, sont les petites mains des réseaux. Ils sont déployés à l'entrée des quartiers, contrôlant les accès. Ils sont aussi des cibles dans les guerres de territoire, car ces trafics génèrent des sommes considérables. Il y a quelques mois, Nordine Idri, un youtubeur qui rendait visite à un ami guetteur, s'est ainsi retrouvé au cœur d'une fusillade. "Il y a deux voitures qui sont arrivées, ils ont baissé les vitres et nous ont tiré dessus. Après on a cavalé, mais ils sont descendus et ont continué à tirer. C'est Marseille, c'est comme ça", lâche-t-il, désabusé. 

Il s'en sortira indemne, mais son ami sera blessé à l'épaule. Ils peuvent toutefois s'estimer chanceux, car depuis le début de l'année, les victimes sont de plus en plus jeunes : le 18 août, un tireur arrosait de balles de Kalachnikov un point de deal, tuant un adolescent de 14 ans. Depuis, trois personnes ont été tuées, portant à 15 le nombre des victimes des règlements de compte depuis le début de l'année. 

On ne peut pas vider l'océan avec une cuillère.- Un policier marseillais

Grandir dans une cité, c'est grandir dans un monde où la violence s'est banalisée. "On est né dans ça. On sort de chez nous et on voit la police, les guetteurs, les morts. On voit aussi la drogue et les sous. Quand je vois autour de nous la pauvreté qu'on a, qu'on est parqués dans des cités, qu'on nous laisse comme ça, qu'on nous abandonne, il faut se sortir de là", avance Nasser, un habitant du quartier de Bassens.

Marseille a vécu un été meurtrier, d'une violence rare. Il y a dix jours, un homme a été enlevé et brûlé vivant dans une voiture. Il venait de la cité des Oliviers. Mais pas question de parler de peur pour ce jeune qui se présente comme le chef de la sécurité du réseau. "Toute personne qui vient pour faire du mal aux gens, aux habitants, aux personnes qui travaillent ne ressortira pas vivante. On n'a peur de personne en face. On est tous frères", prévient-il.

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Du côté de la police, impossible d'être partout, tout le temps. Un fonctionnaire témoigne même du fait qu'il est de plus en plus difficile d'intervenir au quotidien. "Ils n'hésitent pas maintenant à s'armer. Ils n'hésitent plus aussi à nous tirer dessus", explique-t-il, décrivant des cités devenues des lieux clos, barricadés, face à des enfants qui ne craignent pas la réponse judiciaire. "Même si vous les arrêtez, le lendemain, ils sont là. Alors, vous voulez faire quoi ? On ne peut pas vider l'océan avec une cuillère", ironise-t-il.

Quant aux habitants, rares sont ceux qui acceptent de témoigner, par peur des représailles. "Ils sont ravitaillés par une voiture qui vient de l'extérieur. Il y a un dealer qui descend, un autre qui monte et c'est la relève et nous, on n'ose même plus sortir. On regarde la télé, on reste chez nous. Plus personne ne vient me voir, on se voit par Skype. Ce n’est pas une vie", reconnaît l'un d'entre eux, sous couvert d'anonymat. 

A Marseille, une centaine de renforts policiers est déjà arrivé cette année. Mais de l'avis de tous, associations, habitants, et même policiers, la répression ne peut plus suffire à stopper les réseaux et un trafic qui génère des millions d'euros.

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