Violences : les policiers sont-ils sanctionnés ?

Violences : les policiers sont-ils sanctionnés ?

Gérald Darmanin a demandé la révocation des agents responsables de la bavure policière samedi dernier à Paris. Les auteurs des faits encourent des poursuites pénales. Y a-t-il un problème de violence ou d'impunité au sein de la police française ?

Les chiffres ne sont publiés que depuis 2017. On constate qu'il y a de plus en plus de signalements des citoyens, 9 565 en 2019. Le nombre d'enquêtes judiciaires augmente lui aussi, et avec le nombre de dossiers pour violences volontaires, les saisines IGPN représentent 60% des affaires l'an dernier. Le ministère de l'Intérieur a une explication. "Il faut aussi prendre en compte que nous étions dans un contexte de manifestation où l'usage de la force a été nécessaire à de nombreuses reprises, ce qui peut expliquer cette augmentation des signalements", se justifie Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

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Après les signalements et les enquêtes, quelles sanctions pour les policiers accusés ? L'an dernier, 39 policiers ont été révoqués. De très rares affaires vont jusqu'au procès. C'est le cas pour les trois policiers impliqués dans les violences contre Theo en 2017. Ils seront jugés devant une cour d'assise. Globalement, alors que le nombre d'enquêtes judiciaires a augmenté de 32% en trois ans, le nombre de sanctions prononcées à l'encontre de policiers est en baisse de 19%. Comment expliquer ce décalage ?

"La sanction est très forte et très directe dès lors qu'il y a une "exaction interne", et elle est parfois plus difficile à assumer quand il y a confrontation avec un citoyen, soit par manque de preuve, soit par mensonge, soit par manipulation de l'image, soit par manque d'image. Et là, il manque à l'IGPN une légitimité spécifique" nous explique Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers.

Alors, quelle piste, quelle solution pour réformer le contrôle de la police ? De nombreux experts estiment que les policiers de l'IGPN devraient être appuyés dans leur enquête par un regard extérieur au corps de métier, comme par exemple celui du défenseur des droits. C'est le cas dans de nombreux pays du nord de l'Europe. Au Royaume-Uni par exemple, c'est un organisme indépendant qui est chargé d'enquêter sur les bavures policières.

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