Le parquet fait appel après la relaxe d'Alain Schmitt, soupçonné de violences contre la championne de judo Margaux Pinot

Le parquet fait appel après la relaxe d'Alain Schmitt, soupçonné de violences contre la championne de judo Margaux Pinot

SOUPÇONS - Après la relaxe de l'entraîneur de judo Alain Schmitt de faits de violences conjugales sur la championne olympique Margaux Pinot, le parquet de Bobigny a finalement décidé de faire appel mercredi matin. Deux versions totalement contradictoires s'opposent dans cette affaire, les deux parties s'accusant mutuellement de violences.

"J'ai cru mourir". La championne olympique de judo, Margaux Pinot, ne décolère pas au lendemain de la relaxe "au bénéfice du doute" de son compagnon, l'ex-entraîneur de l'Étoile Sportive du Blanc-Mesnil, Alain Schmitt, qui était poursuivi pour des soupçons de violences conjugales dans la nuit de samedi à dimanche dans son appartement. 

Pour exprimer son incompréhension, la jeune femme de 27 ans a posté ce mercredi sur son compte Twitter, une photo de son visage tuméfié et un déroulé des faits, selon sa version : "Dans la nuit de samedi à dimanche, j'ai été victime d'une agression à mon domicile par mon compagnon et entraîneur. J'ai été insultée, rouée de coups de poing, ma tête a été frappée au sol à plusieurs reprises. Et finalement étranglée", explique-t-elle. 

Avant de conclure : "j’ai réussi à m’enfuir pour me réfugier chez mes voisins qui ont immédiatement appelé la police. J’ai plusieurs blessures dont une fracture au nez et 10 jours d’Interruption Temporaire de Travail (ITT)". Le tout ponctué d'une série de questions : "Que vaut leur défense calomnieuse face à mes blessures, et le sang jonchant le sol de mon appartement ? Que manquait-il ? La mort au bout, peut-être ?"

Des versions contradictoires

Arrêté en état d'ivresse quelques heures avant son départ prévu pour Israël, où il est attendu pour prendre les rênes de l'équipe nationale féminine, Alain Schmitt a nié"à 100%" les faits qui lui étaient reprochés, et a décrit, à la barre, une bagarre entre amants comme une "tornade", à base de prises de judo et déclenchée selon lui par Margaux Pinot. Une version appuyée par son avocat, Me Malik Behloul, qui, contacté par LCI, précise que son client présente lui aussi un visage contusionné, avec notamment un œil au beurre noir - ce que semblent corroborer les photos que nous avons pu consulter. Il s'est vu prescrire 4 jours d'ITT.

Au procès, le ministère public avait dénoncé "des violences très graves, même pour un primo-délinquant", de la part d'Alain Schmitt, et requis à son encontre un an de prison avec sursis. Pour autant, le tribunal correctionnel de Bobigny, estimant "n'avoir pas assez de preuves de culpabilité" de violences de l'ex-membre de l'équipe de France de judo sur sa compagne, a fait le choix de le relaxer mardi 30 novembre. Avant que le parquet ne décide de faire appel quelques heures plus tard. 

La Fédération française de judo "abasourdi"

Cette relaxe a suscité un vent d'indignation parmi les coéquipiers en équipe de France de Margaux Pinot, à l'image de  Clarisse Agbégnénou qui s'est dite "choquée" par la décision de justice : "Je n'ai pas les mots pour exprimer tout ce qui se passe dans ma tête et mon corps en tant que femme face à ce que ma coéquipière Margaux Pinot a subi", a tweeté la porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Tokyo. "Nous sommes tous profondément touchés par ce que vient de subir notre coéquipière Margaux Pinot", a abondé quelques minutes plus tard le triple champion olympique Teddy Riner. 

Même son de cloche à la Fédération française de judo : "on a été abasourdi, on a pris un KO par la décision", a confié son président Stéphane Nomis à l'AFP dans la soirée. "Je ne comprends pas comment on peut dire qu'il y a une absence de preuves, a estimé le dirigeant. Je n'ai pas tout le dossier, mais quand on voit son état, j'ai du mal à comprendre que quelqu'un puisse dire absence de preuves." "On va bien évidemment être très, très attentifs à la décision définitive, elle va avoir notre soutien, l'opinion est avec elle, la fédération est avec elle", a-t-il ajouté.

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"Le procureur a fait appel de la décision. Faisons confiance à la justice. Face aux violences faites aux femmes, nous devons ne rien laisser passer", a tweeté de son côté Élisabeth Moreno, la ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Par ailleurs, la Fédération israélienne de judo a annoncé avoir suspendu tout contact avec Alain Schmitt après la décision du tribunal.

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