Traumatisé par son passage à tabac par des policiers, Michel Zecler "ressasse les images de ce qui s'est passé"

Traumatisé par son passage à tabac par des policiers, Michel Zecler "ressasse les images de ce qui s'est passé"

SÉQUELLES - Marqué psychologiquement et physiquement, le producteur de musique Michel Zecler passé à tabac le 21 novembre par trois policiers s'est confié à nos confrères du Monde.

Les images de son agression étaient d'une violence difficilement soutenable. Trois semaines après avoir été passé à tabac par des policiers dans ses studios d'enregistrement à Paris, le producteur de musique Michel Zecler, 41 ans, "ressasse les images de ce qui s'est passé". Dans un entretien publié par Le Monde ce samedi, il revient sur le traumatisme causé par cette soirée du 21 novembre, lors de laquelle il est devenu bien malgré lui l'un des symboles de la violence policière.

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L'épineuse question des violences policières

S'efforçant de venir deux heures par jour dans son studio, il assure "ne pas être un cadeau pour [son] associée en ce moment". Alors qu'il pensait "mieux gérer que ça", Michel Zecler enchaîne les nuits blanches et ne parvient plus à se concentrer. "Sur le plan psychologique, j’ai vraiment du mal, j’ai pris rendez-vous avec un psychiatre", explique-t-il dans les colonnes du Monde.

J’ai vraiment du mal, j’ai pris rendez-vous avec un psychiatre.- Michel Zecler, dans un entretien publié dans Le Monde

Blessé psychologiquement, le producteur l'est aussi physiquement. Si son visage, tuméfié à la suite de son agression, a repris un aspect presque normal, il porte pour le moment une attelle articulée qui lui soutient le bras, trace d'une opération récemment subie après la rupture du tendon qui retient le biceps. Selon son chirurgien, son incapacité temporaire de travail devrait être réévaluée à quatre-vingt-dix jours, contre les six initialement retenus par l’unité médico-judiciaire.

Une affaire qui vire rapidement au scandale

Son agression, diffusée par le média Loopsider, est rapidement devenu un scandale national. Filmée sous plusieurs angles par des voisins et les caméras de surveillance du studio, elle témoigne d'une bavure policière rapidement qualifiée de "honte" par Emmanuel Macron. Alors que Michel Zecler pénètre dans son studio du 17e arrondissement, trois policiers le repèrent dans la rue pour non-port du masque et s’engouffrent derrière lui dans les locaux, sans autorisation. Suit un passage à tabac d'une quinzaine de minutes. Il ne réplique à aucun coup.

L'homme de 110 kilos reçoit des coups de pied dans les tibias, des coups-de-poing au visage, un coup de tête, des coups de matraque sur la tête. "Quand l'un est fatigué de me mettre des coups, l'autre prend la relève. C'est très clair. Ils ont la rage. Vous savez quand vous regardez dans les yeux de quelqu'un. Et  quand il y a un petit moment de pause, ce que je leur dis, moi, c'est 'pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi vous faites ça ? Arrêtez messieurs. Pourquoi vous faites ça ?", racontait-il à Sept à Huit fin novembre. Selon lui, les agents lui profèrent également des insultes racistes. 

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Alertés par ses cris, des musiciens travaillant au sous-sol du studio montent l'escalier tout en filmant, provoquant le repli des policiers vers l'extérieur. Au même moment, des patrouilles de police arrivent en renfort et extirpent Michel Zecler et les neufs artistes dans la rue. Ils seront à nouveau frappés, avant d'être emmenés au commissariat. Le producteur est accusé de rébellion et d’outrage. Les images de son agression, qui vont à l'encontre de la version des policiers, entraineront la mise en examen des trois policiers pour mise en examen pour violences volontaires, faux en écriture publique avec plusieurs circonstances aggravantes dont "des propos à caractère raciste". Deux d’entre-eux ont été placés en détention provisoire, tandis que l’auteur du jet de grenade a également été mis en examen pour violences et placé sous contrôle judiciaire.

Pour autant, et alors qu'il est devenu l'un des symboles des violences policières, Michel Zecler se refuse à mettre tous les policiers dans le même sac. "Ils ne sont pas dignes de porter l'uniforme de police. Ils trahissent la France", lançait-il dans Sept à Huit. "Ils trahissent leurs collègues."

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