300 euros d'amende requis contre Gaspard Glanz, le journaliste qui avait fait un doigt d'honneur à des policiers

Justice

JUSTICE - Le parquet de Paris a requis trente jours d'amende à dix euros, soit 300 euros, à l'encontre du journaliste Gaspard Glanz. Il comparaissait vendredi 18 octobre pour "outrage" pour avoir fait un doigt d'honneur à des policiers.

Il est jugé pour "outrage" après avoir fait un doigt d'honneur à des policiers. Ce vendredi, le parquet de Paris a requis trente jours amende à dix euros à l’encontre du journaliste Gaspard Glanz. Ces jours-amende peuvent se transformer en emprisonnement si l'amende, qui équivaut donc à un total de 300 euros, n'est pas réglée. 

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Un doigt d'honneur après avoir été bousculé

Les faits ont eu lieu le 20 avril dernier. On est alors en pleine manifestation de Gilets jaunes, sur la place de la République, que le reporter couvre pour son média, Taranis news, quand il apostrophe des membres des forces de l’ordre. Le jeune homme de 32 ans leur affirme avoir été visé par une grenade de désencerclement, et demande à parler au "commissaire", comme en témoignent les nombreuses vidéos qui ont circulé sur Twitter, dont l’une a été diffusée à l’audience. Après avoir été poussé par un policier, il lance un doigt d’honneur en réponse, et tourne le dos. On lui reproche aussi d’avoir traité les policiers de "bande d'enculés", ce qui est inaudible sur les images. C’est alors qu’il est interpellé. Une séquence qui avait provoqué l’indignation dans les rangs des syndicats et des sociétés de journalistes, pointant une "atteinte à la liberté d'informer". 

Six mois plus tard, Gaspard Glanz reconnait avoir eu un " geste inapproprié", mais conteste les insultes. "Je me fais pousser, c'est une réaction épidermique", déclare-t-il à la barre. Les avocats du reporter, Raphaël Kempf et Aïnoha Pascual, ont plaidé la relaxe, invoquant le contexte. 

Face à lui, le représentant du ministère public note que ce geste n’est ni "de la légitime défense", ni "un acte de journalisme". Et il justifie le comportement du policier, qui a bousculé le reporter : "Monsieur Glanz vient au contact des policiers, en plein dispositif d'ordre public. Ce n'est pas un comportement normal. Il est donc repoussé." Les deux policiers qui se sont constitués parties civiles réclament chacun 300 euros au titre du préjudice moral. 

Lors de l’audience, les avocats du journaliste en ont profité pour pointer du doigt ce qu’ils décrivent comme une disproportion entre les poursuites contre leur client et les "91 plaintes" de ses confrères pour "violences policières" restées sans suite depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Le tribunal rendra sa décision le 15 novembre. 

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