500 détenus radicalisés sortiront de prison d'ici fin 2019 : comment les autorités vont les surveiller

500 détenus radicalisés sortiront de prison d'ici fin 2019 : comment les autorités vont les surveiller

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RENSEIGNEMENT - La ministre de la Justice Nicole Belloubet a indiqué ce mercredi que près de 450 détenus radicalisés et 50 détenus condamnés pour terrorisme sortiront de prison d'ici fin 2019. Comment les services de renseignement se préparent-ils à ce retour à la liberté ?

Ils sont quelques centaines, et les autorités assurent qu'ils les surveillent de très près. Environ 500 détenus condamnés pour terrorisme ou radicalisés devraient sortir de prison d'ici fin 2019, a indiqué mercredi 6 juin la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui a assuré que ces détenus feraient l'objet d'un suivi spécifique par l'ensemble des services de renseignement.


Parmi ces 500 détenus à surveiller, 50 ont été condamnés pour terrorisme. "Il y en aura une vingtaine cette année qui sortent, et puis à peu près une trentaine l'année prochaine", a précisé la ministre de la Justice sur BFMTV. Les 450 autres sont des détenus de droit commun considérés comme radicalisés et qui devraient sortir de prison en 2019.

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VIDÉO - Délinquants radicalisés : peut-on mieux les surveiller ?

Le gouvernement est arc-bouté sur le suivi de ces personnesNicole Belloubet

"Le gouvernement est arc-bouté sur le suivi de ces personnes", a affirmé Nicole Belloubet. "Cela commence en détention. Ces gens-là sont évalués, ils sont placés ensuite dans des lieux de détention qui correspondent à leur niveau de dangerosité." Et de poursuivre : "Quand ils sortent de prison, il y a deux mots-clés : nous anticipons leur sortie et nous les suivons de manière extrêmement précise."


Comment s'organise cette surveillance ? Les services de renseignement pénitentiaire doivent réaliser des fiches sur ces détenus, qui sont transmises aux services de renseignement intérieur. Plusieurs profils sont concernés : certains peuvent représenter une menace à court terme, d'autres chercher à rejoindre une zone de conflit, d'autres vouloir radicaliser d'autres personnes sur le territoire. 

Échanges entre services, coordination nationale, possibilité d'expulsion des étrangers

Alors qu'Edouard Philippe a promis un suivi "sans naïveté" et que le procureur de la République François Molins considère ce sujet comme "majeur", les autorités comptent sur la collaboration entre les différents services de l'État pour réussir cette mission de suivi.


Après les attentats du 13 novembre 2015, des groupes d'évaluation départementaux (GED) ont été constitués pour réunir des représentants de la police, du renseignement pénitentiaire et intérieur, de la justice, de l'Education nationale ou des services sociaux. Ces GED doivent évaluer en continu la dangerosité des individus radicalisés et mettre en commun leurs informations. En fonction de ces informations, les juges d'application des peines peuvent imposer à ces détenus un suivi socio-judiciaire après leur libération.


Concernant les ressortissants étrangers, une expulsion peut être décidée avant la libération, "lorsque les conditions le permettent", indique une source du ministère de l'Intérieur citée par Reuters. Enfin, en cas de déménagement d'une personne radicalisée, une cellule de coordination nationale "effective très prochainement" doit garantir la continuité du suivi. 

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