76% des plaintes pour viol classées sans suite : "Il y a un progrès manifeste à mener" estime Marlène Schiappa

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JUSTICE - Invitée du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa a regretté qu'en 2017, 76% des plaintes pour viol aient été classées sans suite. "Il y a un progrès manifeste à mener car il n’y a pas assez de condamnations" a-t-elle estimé.

En 2017, comme en 2016, 76% des enquêtes pour viol ont été classées. Pour comparaison, la moyenne des classements toutes infractions confondues s’établissait en 2018 à 69%. Le Parisien explique que "dans la majorité des cas, c’est parce que l’enquête n’a pas permis de matérialiser les faits : soit l’auteur est inconnu, soit l’infraction est absente ou mal caractérisée".

Cette différence entre la plainte et le renvoi devant une juridiction est à mettre en perspective avec ce chiffre de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales : entre 2008 et 2015, seules 13% des personnes se déclarant victimes de viol ont déposé plainte.

Dans les affaires de viol, la difficulté est de rassembler des preuves. "Ce qui gouverne la procédure pénale, c’est la présomption d’innocence. Si l’enquête ne rapporte pas la preuve que les faits dénoncés sont exacts, le doute profitera nécessairement au mis en cause" explique au Parisien Jacky Coulon, secrétaire national de l’Union syndicale des magistrats (USM).

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Il n'y a pas assez de condamnations."- Marlène Schiappa

Invitée du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, la secrétaire d’Etat en charge de l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a déclaré : "D’abord il y a très peu de plaintes parce qu’on a ce phénomène de honte de femmes qui ne vont pas déposer plainte. C’est notamment pour ça que nous formons les policiers et les gendarmes, pour que les femmes soient mieux accueillies dans les commissariats, et qu’elles puissent déposer plainte. Ensuite, il y a la judiciarisation et le procès. Là il y a un progrès manifeste à mener car il n’y a pas assez de condamnations à ce stade parce que apporter la preuve c’est très difficile."

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