A l’ouverture de son procès, Georges Tron dénonce un complot politique : "La réflexologie a été une façon de m'attaquer"

A l’ouverture de son procès, Georges Tron dénonce un complot politique : "La réflexologie a été une façon de m'attaquer"

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JUSTICE – Au premier jour du procès de Georges Tron et de son ancienne collaboratrice Brigitte Gruel, accusés de viols et d’agressions sexuelles sous couvert de réflexologie, la cour s’est penchée ce mardi sur la personnalité du maire de Draveil. Lequel a dénoncé un complot politique ourdi par l’extrême droite.

Un homme respectable se tient à la barre de la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. C’est en tout cas la première impression qui se dégage lorsqu’on voit Georges Tron prendre ainsi la parole dans son costume impeccable. Le maire de Draveil à la soixantaine élégante parle bien, répond calmement, rajuste son micro et sa mèche de côté. Les faits pour lesquels il est accusé tranchent avec l’image polie et sereine qu’il renvoie : viols et agressions sexuelles sur deux anciennes employées.


"J’ai eu un parcours professionnel et fonctionnel qui a été celui que j’ai choisi", déroule l’ancien secrétaire d’Etat à la fonction publique sous le gouvernement Fillon, avant que n’éclate l’affaire. C’était le 24 mai 2011, dix jours après la chute fracassante d'un autre homme politique français à New York. "En fin de journée, je reçois le message d'une journaliste qui me parle des accusations contre moi. Pendant quatre jours, je dois  gérer une pression médiatique forte et une méconnaissance presque totale des faits qui me sont reprochés", commente-t-il sur cette période durant laquelle "sa femme et ses trois enfants" ne le lâcheront pas. 


Georges Tron dit avoir fait le choix de la démission : "Je n’imaginais pas arriver dans l’hémicycle  et pouvoir porter le fardeau de ces accusations, aussi invraisemblables soient-elles".  Il s'accrochera à son mandat local. C’est pourtant à Draveil, derrière la porte capitonnée du bureau de l’édile, qu’Eva Loubrieu raconte avoir subi entre 2007 et 2009 le "scénario pervers du maire" et de celle qu’elle décrit comme sa maîtresse et aujourd'hui co-accusée. Surnommée "la Pompadour" ou "Gruella", Brigitte Gruel était alors adjointe à la culture. 

La réflexologie, ce n'est pas des massages Georges Tron, à la barre

"Je recevais de nombreux messages de soutien de l’équipe municipale et de mes administrés. Et depuis 2009, la vie politique de Draveil était totalement bouleversée avec l’émergence de la famille Le Pen sur la scène politique locale", fait valoir Georges Tron. "On n'était plus dans un débat politique mais dans un débat de haine, de règlements de comptes", estime celui qui agite un complot politique ourdi par l’extrême droite, les plaignantes ayant reçu le soutien des frères Olivier. L'un n’est autre que le beau-frère de Marine Le Pen. "J'ai compris qu’on souhaitait ma démission, je n'allais pas leur faire ce cadeau", poursuit-il. 

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Le procès Georges Tron, un 1er jour d'audience sous tension

Sa passion pour la réflexologie qui était, d’après Virginie Ettel et Eva Loubrieu, le prélude aux agressions, a été, selon lui, "une façon de (l’) attaquer".  "J’avais commencé à m’(y) intéresser il y a une vingtaine d’années avant le dépôt des plaintes. Ça n’a posé aucun problème ni avant, ni après", argue l’accusé. "J’avais une pratique familiale, amicale, passionnelle, et qui est devenue publique. J’avais constitué une association (…) qui avait pignon sur rue", poursuit l'homme qui se définit non sans modestie comme "un précurseur" en la matière, rédigeant même un rapport parlementaire sur ces "médecines parallèles".  "J’ai toujours répondu aux questions de mes administrés sur le sujet. Mais il n'y avait rien de systématique, nuance-t-il. Je l’ai fait et ne pensais pas une seconde que cela poserait problème".

Durant près de deux heures trente, Georges Tron balaiera les accusations de "massages" qui se seraient terminés en violences sexuelles. "La réflexologie, ce n’est pas un massage, répète-t-il. On exerce un point de pression avec le pouce et l'index à partir duquel on déclenche un stimuli (sic) nerveux. Sous la voûte plantaire, il y a des milliers de terminaisons nerveuses". 


Marié depuis 35 ans, l'élu ne confesse qu’une infidélité mais jure que ce n'était pas avec celle qui partage le banc des accusés. Avant la suspension de l'audience mardi soir, sa femme lui assurera de son soutien indéfectible avec cette formule qui fera réagir une partie de la salle : "Mon mari est un bel homme. Il n’a pas besoin de violer des femmes pour séduire". Mais ses accusatrices évoquent bien les gestes d'un homme puissant face auquel elles restaient "tétanisées".

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