À son procès, Jonathann Daval admet pour la première fois avoir voulu "donner la mort" à Alexia

À son procès, Jonathann Daval admet pour la première fois avoir voulu "donner la mort" à Alexia

JUSTICE - Pour la première fois depuis le 27 octobre 2017, date du meurtre, Jonathann Daval a admis ce jeudi devant la cour d'assises de la Haute-Saône avoir voulu "donner la mort" à son épouse.

Il avait jusqu'à présent parlé d'un accident. Ce jeudi après-midi, au quatrième jour de son procès, Jonathann Daval a reconnu, à la reprise de son interrogatoire interrompu par un malaise mercredi soir, avoir voulu "donner la mort" à sa femme le 27 octobre  2017 au soir après le diner raclette chez ses beaux-parents.  

"Je lui ai donné la mort, oui, quand on étrangle quelqu'un comme ça c'est pour donner la mort", a-t-il admis au moment de détailler cette sordide soirée d'automne, à Gray-la-Ville. L'informaticien âgé de 36 ans avait jusque-là expliqué avoir mis les mains sur le cou de sa femme pour "qu'elle se taise"

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Meurtre d'Alexia : Jonathann Daval condamné

"Cocotte-minute"

"C'est donc la mort que vous vouliez ?", a insisté le président de la cour Matthieu Husson. "Ben oui", a répondu l'accusé. "C'est la colère de toutes ces années qui est ressortie (...) D'où l’étranglement pour qu’elle se taise". Et le magistrat de reprendre : "C'était donc pour qu’elle se taise à jamais ?" Une question à laquelle Jonathann Daval a de nouveau répondu par l'affirmative.

Peu avant cet aveu, il venait d'expliquer à la cour que sa femme ne cessait de lui faire des reproches sur son comportement, ses troubles de l'érection. "C'était humiliant."

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Puis Jonathann Daval a donné des détails sur l'enchaînement des violences ce soir-là, après avoir refusé un rapport sexuel à sa compagne. "Les coups étaient rapides et c'est parti sur la strangulation. Je l'ai saisie par le cou, j’ai serré, le temps ont l'a estimé à quatre minutes, mais moi je ne peux pas vous estimer le temps", a-t-il indiqué. "Quand j'ai senti qu’elle s'affaissait, j'ai relâché." Selon lui, Alexia l'avait mordu, déclenchant sa rage : "La morsure, ça m'a mis hors de moi (...) J'ai fait cocotte minute, j'ai débordé."

"Je lui cogne deux fois la tête contre le mur avant de la frapper. Avant j'osais pas admettre que j’avais fait ça... Je ne me suis jamais battu. Jamais donné de coups de poing."

"On veut la vérité ou on veut une histoire ?"

Au cours d'une suspension d'audience, avant que les questions ne reprennent, Me Schwerdorffer, l'un des avocats de Jonathann Daval, a estimé que son client avait "expliqué au mieux de ce qu'il pouvait faire ce qu'il s'était passé"

"Il a essayé de tout dire. Je crois qu'il a tout dit. Maintenant, on l'écoute ou on ne l'écoute pas. On veut une vérité qui existe ou qui n'existe pas. Il n'en a pas d'autre. Il reconnaît les faits, il a reconnu, si je l'ai bien entendu, l'intention homicide. Qu'est-ce qu'on veut de plus ? On veut la vérité ou on veut une histoire ?" 

Jonathann Daval, qui comparaît pour "meurtre sur conjoint", encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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