Abattoir de Mauléon : six mois de prison avec sursis pour l'ex-directeur, L214 dénonce un "jugement non dissuasif"

Abattoir de Mauléon : six mois de prison avec sursis pour l'ex-directeur, L214 dénonce un "jugement non dissuasif"

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JUSTICE - L'ex-directeur de l'abattoir de Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été condamné lundi 29 octobre à six mois de prison avec sursis. Ses employés ont écopé d'amende. Pour l'association L214, à l'origine des images des faits de cruauté, il s'agit d'un jugement non dissuasif.

Le jugement a été rendu lundi 29 octobre, par le tribunal correctionnel de Pau. Deux ans et demi après des images choc de l'association L214 sur des souffrances animales à l'abattoir de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), l'ex-directeur de l'établissement a été condamné à six mois de prison avec sursis. Ses employés ont écopé pour leur part de peines d'amendes.


Le tribunal, qui a estimé que les conditions d'exercice ne "permettaient pas de faire le travail correctement", en pointant une faute "plutôt imputable à l'employeur", a ainsi suivi les réquisitions à l'encontre de l'ex-responsable. Aujourd'hui retraité, Gérard Clemente, condamné pour "tromperie", devra également s'acquitter de 180 euros d'amende. Les quatre autres prévenus dans ce dossier, des employés, sont condamnés à des amendes allant de 80 à 910 euros pour maltraitance "sans nécessité".

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Images difficilement soutenables

Denise Pombieilh, avocate du directeur et de l'abattoir, a annoncé ne pas faire appel, estimant les peines "modérées et justes". De son côté, Antoine Tugas, avocat de trois des quatre salariés, a estimé que "les actes de cruauté reprochés ont été invalidés par le tribunal et c'est bien ce qui comptait". "L'épilogue d'aujourd'hui n'est pas définitif", a ajouté l'avocat en indiquant que "la décision de faire appel ou pas sera prise la semaine prochaine."


L'affaire de l'abattoir de Mauléon avait éclaté en mars 2016 avec la diffusion de vidéos de l'association de défense des animaux L214, prises en secret. Des images difficilement soutenables montrant des animaux mal étourdis, des moutons saignés encore conscients, un agneau écartelé vivant. Même si dans ce cas précis, le ministère public avait requis une relaxe, invoquant "un accident".

Un "jugement non dissuasif"

L'association de défense animale a réagi à l'issue du procès par voie de communiqué, dénonçant un "jugement non dissuasif" : "Le seul délit retenu par les juges dans le cadre de ce procès est la 'tromperie sur la qualité des produits'. Toutes les autres infractions ayant eu un impact direct sur les animaux ne constituent que de simples contraventions - soit rien de plus qu'un petit excès de vitesse. Cela reflète une triste réalité : aujourd'hui, si notre législation reconnaît théoriquement la sensibilité des animaux, concrètement, elle ne la prend pas au sérieux."


Au printemps dernier, lors du débat sur la loi Alimentation à l'Assemblée nationale, la majorité LaRem avait été épinglée par L214, en ce qu'elle n'allait pas assez loin dans la mise en place de la vidéosurveillance dans les abattoirs. Alors que les députés s'étaient contenté d'approuver l'expérimentation de la vidéosurveillance dans des abattoirs sur la base du volontariat, L214 avait déploré que l'Assemblée nationale "préserve l'opacité" dans ces lieux de mise à mort des animaux.

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