Accident de car de Millas : la conductrice prenait un médicament dangereux pour la conduite

Accident de car de Millas : la conductrice prenait un médicament dangereux pour la conduite

NOUVEAUX ÉLÉMENTS - La conductrice du car, impliqué dans une collision mortelle avec un TER en 2017, prenait un médicament contre l'insomnie au moment des faits. Un médicament considéré comme dangereux pour la conduite en raison de son influence sur le temps de réaction.

Un médicament contre l'insomnie pourrait être à l'origine de l'accident de car mortel survenu en décembre 2017 à Millas dans les Pyrénées-Orientales. De nouvelles pièces du dossiers d'instruction mettent en cause l'Imovane, un hypnotique commercialisé par Sanofi, pris par la conductrice du car à la période de l'accident entre le car et un TER qui avait tué six collégiens. 

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Selon des informations de Franceinfo révélées ce jeudi, la juge d'instruction du pôle "accidents collectifs" de Marseille a envoyé, en novembre, des réquisitions judiciaires au laboratoire pharmaceutique Sanofi, qui fabrique la zopiclone, le médicament contre l'insomnie vendu par le laboratoire sous le nom d'Imovane. Sanofi explique dans sa réponse à la magistrate que le médicament "comporte un pictogramme rouge de niveau 3 considéré comme le niveau le plus élevé et équivalent à une interdiction de conduire". Une mise en garde est notamment inscrite sur la boite : "Attention danger : ne pas conduire", comme l'indique une photo jointe par le laboratoire. 

Sanofi met d'ailleurs en garde : l'Imovane "peut influencer de façon conséquente l’aptitude à conduire, avec des risques possibles de somnolence, un allongement du temps de réaction et la diminution de la vigilance, particulièrement pendant les douze heures suivant la prise du médicament".

Un médicament prescrit durant 7 ans

C'est précisément le temps de réaction de la conductrice qui avait provoqué le drame selon le rapport de l'enquête. "L’origine de cet accident provient d’un freinage tardif de la conductrice de l’autocar" avait relevé les experts. Selon Franceinfo les avocats des familles de victimes envisagent de demander à la justice un réquisitoire supplétif afin d'entendre le médecin de la conductrice et éventuellement le poursuivre en justice. Cette dernière se voyait prescrire ce médicament depuis 7 ans, dont deux par le même médecin, alors même que la notice du médicament précise que le traitement ne doit pas excéder quatre semaines.

Pour Me Jehanne Collard, qui défend les familles de trois des six collégiens tués, le médecin traitant porte "une responsabilité pénale" pour avoir prescrit pendant deux ans ce somnifère à la conductrice.  Me Collard avait déjà affirmé à l'AFP en décembre dernier que la conductrice prenait ce somnifère depuis sept ans. Elle a relancé l'affaire après une réponse sur la dangerosité du médicament adressée par Sanofi, son fabricant, au juge d'instruction. 

Selon elle, il en découle qu'une administration prolongée du Zopiclone peut en "potentialiser les effets", parmi lesquels des  "absences".  "Pendant quelques minutes vous ne savez plus où vous êtes et qui vous êtes", c'est "probablement ce qui s'est passé lors de l'accident", une collision entre le car et un train à un passage à niveau, a-t-elle avancé. Pour elle les responsabilités ne pouvaient pas se limiter à la seule conductrice du car. "Qui a laissé la vie de ces pauvres enfants entre les mains d’une femme qui prenait un puissant somnifère depuis sept ans et qui ne le cachait pas ?", s’interrogeait alors l'avocate dans un communiqué.

La conductrice a été mise en examen pour "homicides et blessures involontaires, et la responsabilité de la SNCF avait été exclue par les expertises techniques.  Me Jean Codognès, l'avocat de la conductrice -- mise en examen pour "homicides et blessures involontaires par imprudence"-- a dénoncé une manipulation. 

"En diffusant ce genre d'informations, on essaie de mettre dans la tête des gens" que la conductrice a franchi le passage à niveau alors que "les barrières étaient fermées, ce qu'à l'heure actuelle rien ne permet d'établir", a-t-il dit à l'AFP. 

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