Accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge : un procès requis par le parquet, la SNCF sur le banc des accusés

Accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge : un procès requis par le parquet, la SNCF sur le banc des accusés
Justice

JUSTICE - Le parquet d'Evry a requis ce vendredi un procès pour homicides et blessures involontaires à l'encontre de la SNCF et d'un cheminot, six ans après la catastrophe de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui avait fait sept morts et des centaines de blessés.

On parle de l’une des pires catastrophes ferroviaires survenues en France ces vingt dernières années : trois morts parmi les passagers d’un train, quatre parmi les personnes qui attendaient sur le quai, et plus de 400 blessés. C’était le 12 juillet 2013, jour où le train InterCités reliant Paris à Limoges a déraillé, puis s’est scindé en deux, occasionnant la sortie de voie de plusieurs wagons à son arrivée en gare de Brétigny-sur-Orge. 

Un peu plus de six ans plus tard, en l’occurrence ce vendredi, le parquet de Paris livre son réquisitoire définitif : un procès pour homicides et blessures involontaires à l'encontre de la SNCF et d'un cheminot, ce qui satisfera les demandes répétées des familles de victimes en ce sens.

Un "système de surveillance insuffisant" ?

Durant les cinq années de l'enquête, toutes les expertises ordonnées par la justice ont conclu que le train avait déraillé à cause d'un morceau de voie mal entretenu qui s'est désagrégé au fil du temps. De son côté, la SNCF estime que l'assemblage incriminé a cédé brutalement à cause d'un défaut de l'acier, et donc que l'accident était imprévisible – une hypothèse qui la dédouanerait. Une certitude : l’enquête a exclu "toute faute du conducteur ou un quelconque acte de malveillance", ce qui fait dire au parquet que le train a déraillé à cause "de défauts de maintenance", d'un "système de surveillance insuffisant", et de "manquements dans l'organisation des ressources humaines".

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Quant au cheminot, âgé de 24 ans au moment des faits et chargé de l'inspection des voies dans le secteur concerné le 4 juillet 2013, il sera jugé "pour avoir exposé autrui à un risque d’une particulière gravité qu’il ne pouvait ignorer, en effectuant seul la dernière inspection des voies, contrairement aux préconisations et avec un niveau de diligence et d’attention manifestement insuffisant", selon les termes du parquet dans son communiqué. Les différentes parties disposent, à partir d’aujourd’hui, d’un délai d’un mois pour faire valoir leurs observations avant que les magistrats instructeurs ne rendent leur ordonnance, ultime étape avant le lancement du procès, qui se tiendra au tribunal de grande instance d’Évry.

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