Act Up condamné pour "injures publiques" à l'encontre de la Manif pour Tous

Act Up condamné pour "injures publiques" à l'encontre de la Manif pour Tous
Justice

PROCÈS - Deux associations s'affrontaient devant le tribunal correctionnel de Toulouse mardi 26 novembre. La Manif Pour Tous a réussi à faire condamner Act Up pour "injures publiques" suite à des propos tenus lors d'une manifestation de 2017. Louise Lourdon, ancienne présidente d’Act Up Sud Ouest, a été condamnée à 300 euros d’amende avec sursis.

Les faits remontaient au 30 mai 2017 : des militants d’Act Up avaient perturbé la tenue dune réunion publique de La Manif pour Tous sur la PMA et la GPA, à grands renforts de banderoles les traitant notamment d'"homophobes assassins complices du Sida". Une plainte avait été déposée pour "injures publiques" par Ludivine de la Rochère, la présidente de La Manif pour Tous, le mois suivant. En septembre, ces propos ont conduit Act Up devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Les magistrats rendaient leur délibéré ce mardi 26 novembre et ont décidé de condamner l'association de défense LGBT et de lutte contre le sida.

"Même si le tribunal n'ignore pas l'engagement d'Act Up depuis des années pour le droit des homosexuels, le tribunal considère que ces termes, 'Manif pour tous homophobes assassins complices du Sida' constituent une injure publique", a-t-il été déclaré lors de l'audience. Le tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé la relaxe de la prévenue. Louise Lourdon, ancienne présidente d’Act Up Sud Ouest, a été condamnée à 300 euros d’amende avec sursis, ainsi qu'à verser 1 € symbolique à la Manif pour tous et à leur rembourser 1 000 € pour les frais de justice.

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Act Up fera appel de la décision

Act Up a vivement réagit sur les réseaux sociaux à cette décision, affirmant que "en condamnant Louise, c'est la lutte contre le sida et les discriminations LGBTI-phobes qui est bâillonnée". "Nous renouvelons notre entier soutien à Louise qui va faire appel de cette condamnation. Ce jugement n'effacera pas les agissements de La Manif Pour Tous qui mettent en péril nos communautés, nous exposant à des violences, mais également font la part belle à l'épidémie de VIH/Sida", a encore insisté l’association, assumant les propos de leur ex-présidente. 

"Je suis insultée en permanence. Au bout d'un moment, on ne peut plus laisser passer ça", estimait Ludovine de la Rochère auprès du Parisien quelques jours avant le procès. Désormais satisfaite, elle développe son propos dans un communiqué publié ce mercredi :  "Il est des cas où c'est en condamnant que le juge sauvegarde la liberté d'expression. (...) Si l'on tolère que, en cas de désaccord, chacun puisse se mettre à hurler des injures pour faire taire l'opposition, c'est l'existence même du débat qui disparaît et la société qui devient impossible".

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