La famille Traoré décline l'invitation de Nicole Belloubet et réclame "des avancées judiciaires"

La famille Traoré décline l'invitation de Nicole Belloubet et réclame "des avancées judiciaires"
Justice

REFUS - Contactée par le cabinet de Nicole Belloubet pour une rencontre, la famille d’Adama Traoré a refusé la proposition. Elle explique attendre "des avancées judiciaires", pas "des invitations à la discussion".

Les proches de la famille d'Adama Traoré, décédé en 2016 à l’âge de 24 ans lors de son interpellation, ont déclaré avoir été contactés lundi par le cabinet de la ministre de la Justice Nicole Belloubet "pour échanger" mais ont refusé de la rencontrer.

C'est l'avocat de la famille, Yassine Bouzrou, qui a été contacté pour "organiser une rencontre entre le garde des Sceaux et la famille d'Adama Traoré", indique le comité "La Vérité pour Adama" sur sa page Facebook. "La famille d'Adama Traoré rappelle qu'elle attend des avancées judiciaires et non des invitations à la discussion qui n'auraient aucune finalité procédurale", poursuit le communiqué.

Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs- Maître Yassine Bouzrou

Selon une source proche, Emmanuel Macron a demandé à Mme Belloubet de se pencher sur le dossier qui s'est défendue plus tôt dans la journée de toute intervention. "Il n'appartient pas au garde des Sceaux d'intervenir dans une affaire individuelle", a assuré l'entourage de la ministre à l'AFP. "Il n'est pas question d'intervenir dans une procédure individuelle", a-t-on martelé de même source. "Mais Nicole Belloubet est responsable du service public de la justice. A ce titre, elle est toujours disponible pour répondre aux interrogations sur le bon fonctionnement de la justice".

Ainsi, la ministre de la Justice a fait savoir au comité de soutien à la famille d'Adama Traoré qu'"elle était disponible pour répondre aux interrogations sur le fonctionnement de la justice", précise cette source.

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Les questions autour de l’affaire Adama Traoré

"Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs. La loi interdit à la garde des Sceaux d'intervenir dans des affaires individuelles", a réagi lundi sur Twitter l'avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou.

"Dysfonctionnement institutionnel"

"Comment répondre à un dysfonctionnement systémique (le traitement judiciaire des violences commises par les forces de l'ordre) par un dysfonctionnement institutionnel (intervention de la ministre dans une affaire individuelle) tout en ne traitant qu'un cas particulier", s'est indigné le Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

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L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a déploré quant-à elle que le président de la République "oublie encore une fois le principe de séparation des pouvoirs", rappelant qu’en janvier dernier Emmanuel Macron s’était déjà exprimé à propos de l’affaire Halimi. Il avait estimé que "le besoin de procès [était] là", après que le suspect du meurtre en 2017 de la sexagénaire juive Sarah Halimi avait été déclaré pénalement irresponsable.

L'USM  martèle que l’indépendance de la Justice "interdit les pressions extérieures sur les magistrats qui doivent pouvoir prendre leurs décisions sereinement". Et conclut que "la demande du président de la République que Madame Belloubet, garde des Sceaux, se penche sur le dossier Traoré est donc inacceptable".

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Mort d'Adama Traoré

La famille d’Adama Traoré, qui appelle à un nouveau rassemblement "massif" samedi 13 juin, tiendra ce mardi une conférence de presse.

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