Alexandre Benalla et Vincent Crase ont passé leur première nuit en prison

Justice
AUDITIONS - Alors que la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla dévoilera ce mercredi ses conclusions sur les dysfonctionnements qui empoisonnent la présidence d'Emmanuel Macron, c'est le nouveau volet de ce dossier, aux interminables rebondissements, qui conduit le principal protagoniste et un chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie à être placés en détention provisoire.

L'ancien chargé de mission à l'Elysée Alexandre Benalla et l'ancien responsable de la sécurité de La République en Marche, Vincent Crase, ont été entendus mardi par les juges d'instruction. A l'issue des auditions, le juge des libertés et de la détention a décidé de les placer en détention provisoire avec mandat de dépôt, ce qui signifie qu'ils passeront la nuit en prison. Dans leur cas, la détention peut durer jusqu'à 4 mois maximum.


"Nous allons interjeter appel", a immédiatement réagi l'avocate d'Alexandre Benalla, Jacqueline Lafont, devant la caméra de LCI. "Je suis en colère parce qu'il n'a rien à faire en prison. Il a 27 ans, il a un bébé de six mois. Il a fait deux gardes à vue [...]  Je suis en colère quand la justice ne fonctionne pas."


Invité sur LCI ce mercredi, l'avocat de Vincent Crase a affirmé qu'il allait "contester et plaider rapidement pour demander sa remise en liberté". Un référé-liberté devrait être examiné d'ici à vendredi. 

Violation de contrôle judiciaire

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été mis en examen pour les violences du 1er mai 2018 sur la place de la Contrescarpe et cités dans l'affaire du "contrat russe", les deux hommes font notamment l'objet d'une enquête au cœur de laquelle se pose la question de la violation de leur contrôle judiciaire, qui prévoyait que les protagonistes n’entrent pas en contact. 


Pour rappel, le 31 janvier, Mediapart avait publié des extraits sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, un ex-employé de LaREM et gendarme réserviste, en date du 26 juillet. Dans l'enregistrement, les deux hommes évoquent les répercussions de leurs ennuis judiciaires sur la société de M. Crase, engagée dans un contrat de sécurité avec le milliardaire russe Iskander Makhmoudov, aujourd'hui objet d'une enquête récente du parquet national financier. 

Les conditions de réalisation et d'obtention par Mediapart de ces enregistrement ont suscité immédiatement des interrogations. Dès le lendemain, des journalistes tentaient de vérifier auprès de Matignon l'hypothèse d'une rencontre et d'une écoute réalisées au domicile la cheffe du Groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), un service sensible. Dans un courrier transmis au parquet de Paris le 1er février, Matignon expliquait avoir mené de "rapides vérifications" qui n'ont pas confirmé cette "allégation", sans toutefois lever tous les doutes. 


Le parquet a alors ouvert une enquête pour "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations" et "atteinte à l'intimité de la vie privée".  Le 4 février, il avait tenté de perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements. Le site a en revanche annoncé avoir remis sept enregistrements aux juges enquêtant sur l'affaire du 1er mai. La responsable de la sécurité du Premier ministre a été entendue pour savoir si les enregistrements ont été réalisés chez elle.

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Benalla, l'affaire sans fin

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