Affaire Balkany : Isabelle, Patrick, Al Jaber, Aubry... le Who's who du procès

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JUSTICE - Depuis le 13 mai, le train de vie des époux Balkany, poursuivis pour fraude fiscale et blanchiment, est détaillé au grand jour devant le tribunal correctionnel de Paris. Alors que dans le volet "Fraude fiscale", le parquet a requis de la prison ferme contre le couple, nous nous intéressons aux protagonistes de ce procès.

Le procès Balkany était attendu. Longtemps, le couple a fait la pluie et le beau temps sur Levallois-Perret et son passage devant la justice pour fraude fiscale et blanchiment promettait son lot de punchlines dont le maire de la commune des Hauts-de-Seine a fait sa marque de fabrique. On n'a pas été déçu. 


Alors que le Parquet national financier (PNF) a requis jeudi de la prison ferme contre Patrick Balkany et son épouse Isabelle et leur inéligibilité Focus sur les protagonistes de ce procès pour fraude fiscale, nous vous présentons la galerie de ceux qui animent ce procès.

Les Balkany

Isabelle et Patrick Balkany sont devant la justice pour avoir dissimulé des revenus occultes au fisc et un patrimoine "tout aussi occulte" en ayant recours à des prête-noms et à des structures offshore, entre 2007 et 2014. Le maire LR de Levallois, est aussi accusé de corruption passive et de prise illégale d'intérêts par personne dépositaire de l'autorité publique. Les époux sont également poursuivis pour avoir menti sur leur patrimoine.

Depuis plusieurs mois, les juges d'instruction ont traqué ce patrimoine dissimulé. Montant estimé : au moins 13 millions d'euros. Cela concerne une villa à Saint-Martin, qu'ils ont finalement reconnu posséder, ou un riad à Marrakech, dont ils nient toujours être les propriétaires. Et surtout, l'enquête a mis au jour des montages "très sophistiqués", avec des sociétés-écrans basées au Liechtenstein, au Panama ou aux Seychelles et des comptes en Suisse ou à Singapour, destinés à brouiller la piste des réels ayants droit économiques. Leur fils Alexandre va d’ailleurs comparaître pour blanchiment de fraude fiscale, pour avoir souscrit "deux baux de location fictifs" en 2011 et 2014 pour le riad de Marrakech, destinés à fournir une couverture à ses parents qui "bénéficiaient de la villa sans apparaître comme propriétaires ni comme locataires".

Jean-Pierre Aubry

Ancien basketteur et bras droit de Patrick Balkany à la mairie de Levallois, il devient en avril 2008 (et jusqu'en 2014) directeur général de la Semarelp, société en charge de l'aménagement de Levallois présidée par le maire. Il comparaît notamment pour blanchiment de fraude fiscale, prise illégale d'intérêts et complicité de corruption passive. Ce fidèle de Patrick Balkany a eu pour les juges "un rôle central" dans l'acquisition d'un somptueux riad à Marrakech en janvier 2010. Il est décrit comme la cheville ouvrière du montage financier, étant le bénéficiaire déclaré des deux sociétés panaméennes créés en 2007 (Hayridge) et 2009 (Himola), dont les titres étaient au porteur.

Arnaud Claude

Cet avocat, ex-associé de Nicolas Sarkozy qui fut longtemps un intime des Balkany, a assisté à de nombreuses négociations impliquant la commune de Levallois et son maire. Il est poursuivi pour blanchiment et complicité de corruption commise par Patrick Balkany. Avocat de la Semarelp, "gros client" de son cabinet, il est désigné par les enquêteurs comme "maître d'oeuvre" dans la création de sociétés offshores au profit des Balkany. C'est lui qui accompagne Jean-Pierre Aubry en Suisse pour créer deux sociétés, lui qui négocie avec l'agent immobilier pour le riad de Marrakech, lui qui donne des instructions au notaire marocain: il est "omniprésent" selon les juges. Lui affirme que son intervention a été "purement amicale pour aider M. Aubry sur les aspects de pure technique immobilière".

Mohamed Al Jaber

Ce richissime homme d'affaires saoudien aux féroces appétits immobiliers est accusé de "corruption active envers une personne dépositaire de l'autorité publique", en l'occurrence Patrick Balkany.  Concrètement, il est soupçonné d'avoir réglé en 2009, via un notaire, le prix officiel du riad marocain (2,75 millions d'euros) en échange de délais de paiement supplémentaires dans un juteux marché, celui de la construction des Tours de Levallois - qui ne sortiront finalement jamais de terre. Les enquêteurs ont relevé qu'alors que Mohamed Al Jaber se voyait confier par la Semarelp le marché des Tours, il avait non seulement payé le riad mais aussi mis à disposition du maire de Levallois son jet privé et offert à Jean-Pierre Aubry une montre valant 15.000 dollars.

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