Affaire Baupin : Emmanuelle Cosse décrit son mari comme "un séducteur", pas "un harceleur"

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L'affaire Denis Baupin

DÉFENSE - L'ancienne ministre écologiste et militante féministe, a défendu jeudi avec dignité et conviction son époux absent du tribunal, où il poursuit la presse en diffamation. Elle a évoqué un mari "séducteur" mais "en aucun cas un agresseur et un harceleur".

Comme Cécile Duflot, elle aussi ancienne ministre écologiste, et autrefois son amie, Emmanuelle Cosse est venue dire sa vérité à la barre, ce jeudi. Entendue lors du procès en diffamation intenté par son époux, Denis Baupin, contre plusieurs femmes l'accusant d'agressions sexuelles, cette dernière a défendu un mari "séducteur" mais "en aucun cas un agresseur et un harceleur".

"Si à un seul instant j'avais pensé que Denis Baupin puisse être l'homme décrit ici, je n'aurais pas fait ma vie avec lui. Cela aurait été renier ce que je suis, les engagements de ma vie", a-t-elle déclaré à la barre. L'homme qu'elle connaît, le père de ses enfants, n'est "pas violent", "pas très à l'aise dans les relations sociales", sait "faire la différence entre un prédateur et un séducteur".

"Il aimait envoyer des SMS, aimait avoir ce jeu de séduction. La différence, c'est entre la séduction et le harcèlement. C'est la question du consentement", a-t-elle asséné lorsque les avocats de la défense ont rappelé les témoignages de plusieurs femmes qui ont décrit des "SMS salaces", des caresses par surprise, des agressions dans les couloirs ou toilettes de ministères. 

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Impensable

Évoquant des négociations avec le PS en 2011, l'année où l'ex-porte-parole Sandrine Rousseau dit avoir été agressée, elle affirme: "Ni Cécile Duflot, ni Jean-Vincent Placé (alors à la tête du parti) n'aurait confié la responsabilité de négociations vitales pour notre parti à quelqu'un de déviant, de fragile, qui aurait commis des actes répréhensibles". 

Toute cela est impensable pour Emmanuelle Cosse qui est apparue meurtrie en évoquant Cécile Duflot, qui était "une intime" et qui a témoigné dans la matinée avoir été agressée par Denis Baupin. "Je ne peux pas comprendre ce qu'elle dit aujourd'hui sur mon conjoint après avoir eu des relations aussi fortes avec moi". Meurtrie aussi que Pierre Serne, directeur de cabinet de Denis Baupin à la mairie de Paris de 2005 à 2008 et son témoin de mariage, puisse "vomir" sur son couple. Pour rappel, ce dernier a fait état à la barre d'une "manière compulsive de draguer" et de cas de "harcèlement".

"Je ne pense pas que mon mari se méprenne sur la question du consentement", a finalement conclu cette militante féministe et pour l'égalité des sexes, de la rédaction de Têtu à l'association Acte-Up.

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