Affaire Baupin : Sandrine Rousseau salue "le courage" de Cécile Duflot après son témoignage

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L'affaire Denis Baupin

JUSTICE - L'ancienne porte-parole Europe Écologie-Les Verts, à l'origine de la révélation de l'affaire en 2016, a réagi sur LCI au lendemain du témoignage à la barre de l'ex-ministre du Logement lors du procès en diffamation intenté par Denis Baupin contre plusieurs femmes l'accusant d'agressions sexuelles. "Elle a été la hauteur de ce qu'elle avait dit ", a-t-elle souligné.

"C'est pas complément simple quand on est un personnage politique connu autant qu'elle l'est de dire ça". Au lendemain du témoignage à la barre de Cécile Duflot, lors du procès en diffamation intenté par Denis Baupin contre plusieurs femmes l'accusant de violences sexuelles, Sandrine Rousseau, qui a révélé l'affaire en 2016, a "salué le courage" de cette quatorzième accusatrice. "On a eu plusieurs secrétaires nationales à la barre hier, c'est la seule qui a fait ce chemin-là", souligne-t-elle, en écho aux dépositions de Dominique Voynet et d'Emmanuelle Cosse.

"C'était une promesse qu'elle m'avait faite quand je lui avais parlé de mon agression, c'est-à-dire qu'elle m'avait dit que, si je décidais de porter plainte, elle m'accompagnerait", a rappelé l'ancienne conseillère régionale, ce vendredi sur LCI. Et de poursuivre : "C'est la seule, d'ailleurs, qui m'ait vraiment dit ça, et donc voilà aujourd'hui elle a été la hauteur de ce qu'elle avait dit."

Mais il est une question à laquelle Sandrine Rousseau n'a "toujours pas complètement de réponse" et sur laquelle est a souhaité s'attarder : "Comment se fait-il qu'un homme qui agresse des femmes de manière aussi similaire, on n'arrive à pas à le mettre de côté, à gérer, à sanctionner ?" Et d'adapter le dicton "Il faut un village pour élever un enfant" pour appuyer l'idée qu'il a fallu une omerta collective pour laisser impunis ces agissements : "Je crois qu'il faut aussi un village pour couvrir un agresseur, c'est ce que montre ce procès".

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"Un beau signal envoyé à beaucoup d'autres femmes"

"Peut-être que ce procès aura un caractère historique de ce point de vue-là, si la justice arrive à dire à Denis Baupin que non seulement, il n'y a pas diffamation, mais qu'en plus, la procédure est abusive et qu'il faut respecter les femmes ", espère Sandrine Rousseau. Le cas échéant, "ce sera un beau signal qui sera envoyé à beaucoup d'autres femmes dans beaucoup d'autres endroits."

Pour finir, la présidente de l'association "Parler" a réagi au témoignage d'Emmanuelle Cosse qui a défendu son époux à la barre jeudi. Sans revenir sur le fond, "la seule chose que ça m'inspire, c'est qu'il est quand même absolument incroyable que cet homme ne se présente pas au procès que lui même intente contre les victimes, et que ça soit sa femme qui soit interrogée sur ses actes". Et de lancer  : "C'était d'une violence, ça dit presque tout. Je ne sais pas comment elle se situe là dedans, quelle est sa psychologie. En tous les cas, ça n'est pas à elle de répondre des actes de son mari, elle n'était pas là au moment où ça s'est passé."

Alors que Denis Baupin était absent du tribunal pendant tout le procès, le plus grand regret de Sandrine Rousseau dans cette affaire reste que ce dernier n'a "jamais fait face" à ses accusatrices, au procès comme avant. "Finalement, il ne nous a jamais regardées droit dans les yeux pour nous dire ce qu'il avait à dire", a-t-elle prolongé. "Ça dit aussi beaucoup du caractère de cet homme".

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