Affaire Benalla : convoquée par la DGSI, la journaliste du Monde Ariane Chemin invoque la protection des sources

Justice
JOURNALISME - Convoquée et interrogée par la DGSI ce mercredi, la journaliste du Monde Ariane Chemin a fait valoir la protection des sources et contesté toute "fraude". Les services français l'ont questionné sur l'affaire Benalla, dont elle est à l'origine.

Elle fait partie de la liste de journalistes récemment convoqués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). En ce qui la concerne, les services français souhaitaient l'interroger sur l'affaire Benalla, dont elle est à l'origine. Mais la journaliste du Monde Ariane Chemin, qui s'est rendue dans leurs locaux ce mercredi, ne leur a pas fait de révélations. "Je leur ai expliqué que je n'avais fait que mon travail de journaliste et j'ai fait valoir l'article 2 de la loi de 1881", qui dispose que "le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information public" a-t-elle dit à l'AFP.

"Ils m'ont posé beaucoup de questions sur la manière dont j'avais vérifié mes informations, façon indirecte de m'interroger sur mes sources" a expliqué celle qui a été entendue dans le cadre d'une audition libre pendant environ 45 minutes, en présence de son avocat. Entre le protocole d'audition et les questions, "tout est fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde, ce que nous contestons formellement" a poursuivi la reporter.


Dans un communiqué diffusé sur Twitter, la société des rédacteurs du Monde s'est dite "solidaire de sa consœur Ariane Chemin (...) Elle a porté à la connaissance des citoyens des informations d'intérêt public, ne faisant ainsi que son travail." Le président du directoire du journal Louis Dreyfus a également été entendu par la DGSI mercredi matin.

Déjà sept journalistes convoqués pour des enquêtes sur la vente d'armes au Yémen

Ces convocations interviennent après celles de sept autres journalistes du site Disclose, Radio France et Quotidien par la DGSI sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen. Elles ont soulevé une vague de protestation de journalistes et de personnalités politiques, qui y voient une atteinte au droit d'informer.

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