Affaire Benalla : Mediapart s’oppose à une perquisition de ses locaux

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Benalla, l'affaire sans fin

VETO - La rédaction de Mediapart fait savoir qu’elle a "refusé" ce lundi une perquisition de ses locaux dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Benalla. Une enquête "susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal", se justifie le site internet d’information.

Mediapart parle d’"un acte inédit" et "particulièrement grave". La rédaction du site internet d’information a fait savoir ce lundi qu’elle s’est opposée en fin de matinée à une perquisition de ses locaux dans le cadre de l’affaire Benalla. "Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner ce matin, à 11h10, les locaux de Mediapart dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M.Benalla suite à nos révélations de la semaine dernière", indique la rédaction sur Twitter.

Selon les informations recueillies par LCI, l'enquête a été ouverte après que le parquet a reçu des "éléments ayant justifié l'ouverture d'une enquête préliminaire" pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunication ou de conversations".

Deux poids, deux mesures ?

"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal. C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart", écrit encore le site d’information, promettant des "articles à venir". Représentant du site alors qu'Edwy Plenel était convoqué au tribunal pour répondre de la poursuite en diffamation intentée par Denis Baupin, Fabrice Arfi a fait part au Monde de son incompréhension face à une tentative de perquisition "d'autant plus folle" que Mediapart était d'accord "pour transmettre le contenu" des enregistrements recherchés par la justice.

La démarche du parquet plait d'autant moins à l'équipe de la rédaction qu'elle y voit un deux poids, deux mesures. "La police et le parquet ne voient pas de problème à ne pas réussir à mener une perquisition chez M. Benalla mais se rendent dans un journal quelques jours après des révélations, pour faire une perquisition en défense d'un mis en examen", dénonce Fabrice Arfi, qui ajoute que la démarche "ressemble à un scandale". Pour mémoire, lors de la première garde à vue de l'ex-chargé de mission de l'Elysée, la police avait tenté - et échoué - d'ouvrir la porte de l'appartement d'Alexandre Benalla, en vue d'y saisir les quatre armes à feu en sa possession. Une conférence de presse est prévue ce lundi à 16h, depuis la rédaction.

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Ce jeudi, Mediapart avait dévoilé des extraits d’enregistrement d’une conversation entre Vincent Crase et Alexandre Benalla datant de juillet, alors qu'ils n'en avaient pas le droit puisqu’ils venaient, quelques jours plus tôt, d’être mis en examen pour des violences sur des manifestants le 1er mai 2018. Une conversation dans laquelle l’ex-chargé de mission de l’Elysée se targue entre autres du soutien du "patron", Emmanuel Macron, et de "Madame", Brigitte Macron, alors que l'"affaire" qui porte son nom crée des remous jusqu'au sommet de l'Etat.

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